chapitre VI – Croisée & Transepts & Chœur & Fouilles transept sud

Chapitre VI & Croisée & Transepts & Chœur & Fouilles transept Sud

L’intérieur de l’église Saint Sulpice de Huppy fin XIX éme début du XX éme siècle

La nef, le chœur, la croisée et les transepts nord et sud

Source: ASPACHuppy

Quatrième tranche des travaux.

Probablement réalisée tout au début du XVIème siècle, elle englobe la construction de la croisée, des transepts Nord et Sud et le Chœur.

Pour cette description, nous citerons textuellement la Picardie Historique et Monumentale et nous y ajouterons à la fin nos réflexions dues aux découvertes d’après guerre et surtout de l’état actuel de l`édifice.

«Le carré et les bras du transept et le chœur reçurent des voûtes de pierre ; elles furent construites après coup. Ainsi qu’à la nef, on lança d’abord les premiers claveaux des nervures sans poursuivre l’achèvement des voûtes. Le raccord est très visible entre les premières assises et les suivantes ; les profils présentent des différences complètes au chœur et à la chapelle de la Vierge, toutes les branches d’ogives sont ornées de rinceaux de feuillage ; les trois claveaux seuls n’en ont pas.

La voûte de la chapelle de la Vierge (1) offre la disposition suivante :

  • Autour d’une clef centrale ornée de petites niches destinées sans doute à abriter des statuettes et séparées les unes des autres par de petits pilastres, rayonnent huit petites
    clefs dont le caractère principal est de présenter deux tablettes superposées qui se profilent en perspective : un petit culot feuillagé complète la décoration (2).
  • Les cinq clefs, tout à fait remarquables par leur sculpture fine et délicate, qui meublent la voûte de la chapelle Saint-Sébastien (croisillon méridional) appartiennent à l’art de la renaissance et n’ont aucun caractère religieux (3).
  •  A la clef centrale, au dessus d’un chapiteau à larges feuilles d’acanthe, imitation très visible du chapiteau corinthien, quatre petits personnages, le torse nu, les jambes dans une gaine de feuillage à la façon des cariatides, soutiennent la tablette qui reçoit les nervures.
  • Deux autres clefs représentent des femmes se tenant par les bras, les jambes tortillées en spirale ; une autre offre quatre massacres de mouton ; une autre quatre têtes d’enfants joufflus. J’ajouterai que l’ornementation des branches d’ogives a moins de relief ici qu’à la chapelle de la Vierge (4).

La voûte du carré (5) et celle du chœur présentent avec les autres de notables différences : l’influence de la renaissance s’y révèle d’avantage. Plus encore à HUPPY qu’à FONTAINE, le style nouveau règne en maître dans cette partie de l’église. Au chœur, le large méplat qui termine chaque nervure est creusé de petits caissons, la plupart des claveaux sont unis, quelques-uns ornés de cartouches ; les clefs d’un dessin assez sec appartiennent déjà à la deuxième renaissance. La clef du milieu porte les armoiries de France ; (5) les petites clefs latérales présentent des petites tablettes et des culots sculptés en perspective ; sur l’une d’elles se détache un écusson orné d’une croix de Malte (6) sur la clef voisine du grand arc qui sépare le chœur du carré du transept, un écusson est : parti, au premier, d’argent à deux lions affrontés, armés et lampassés de gueules, tenant un écusson de même et une fleur de lys sur l’épaule, qui est de Teuffles ; au deuxième, de …….. .. A la croix de Malte de …………. ..(7).

De grandes archivoltes trilobées encadrent les fenêtres du chœur ainsi que la grande arcade qui communique avec la chapelle (8) ; leurs extrémités s’ouvrent pour rejoindre le faisceau des nervures – doubleau – ogives et formerets qui reposent sur des consoles ornées comme celles de la nef de choux frisés (9).
A droite du Maître-autel et de chacun des deux autels qui occupent la face orientale des croisillons, est creusée une piscine amortie en anse de panier (10). La chapelle seigneuriale n’appartient pas à la construction primitive et ne fut pas prévues tout d’abords dans le plan de l’architecte ; les traces de reprise demeurent très visibles à l’extérieur (11) On avait formé le projet de la voûter, comme le prouvent les culots d’angles et les amorces des nervures (12) Elle se fait remarquer parla beauté des vitraux qui garnissent ses deux fenêtres et par la présence d’une cheminée (13) Les cheminées des chapelles seigneuriales sont assez rares ; on en voit à Pierrefonds, à l’église de Brou, à Fressin dans le Pas-De-Calais et dans notre région à Villers-Campsart ; mais il ne faut pas s’étonner de trouver une ressemblance entre les chapelles des deux églises de Villers et de Huppy, car les mêmes seigneurs, les La Rivière possédèrent les deux fiefs : « document , R. de Belleval : Les fiefs et les seigneuries du Ponthieu et du Vimeu. PARIS, 1870, in – 4°, P.P 185 et 329››.
Je relèverai encore d’autres analogies entre les deux églises, elles ont l’une et l’autre deux nefs et à Villers comme à Huppy, la chapelle appartient à une seconde campagne de travaux. Les fenêtres n’ont pas à l’intérieur et à l’extérieur une triple moulure prismatique formant archivoltes et se poursuivant le long des piédroits comme à Fontaine ; elles n’en possèdent que deux mais elles sont beaucoup plus larges que celles de Fontaine et deux méneaux les partagent au lieu d’un seul. Leur remplage offre aussi une plus grande richesse. Tandis que les fenêtres des nefs, percées régulièrement dans l’axe des travées, se composent, à l’exception de la fenêtre qui surmonte la porte latérale, de trois formes trilobées couronnées de mouchettes, au contraire, les fenêtres des croisillons, de la chapelle seigneuriale et du Chœur présentent les combinaisons les plus compliquées et les plus variées.
Il faut rendre hommage aux artistes de I’époque flamboyante qui surent tirer un parti merveilleux de deux éléments très simples : la mouchette et surtout le soufflet. Les réseaux des fenêtres de HUPPY sont de véritables modèles. ››

(Fin de citation textuelle de la Picardie Historique et Monumentale)

Voyons maintenant nos remarques au sujet de cette description de la croisée des transepts, des transepts Nord et Sud, du Chœur et de la Chapelle Seigneuriale :

LA CHAPELLE DE LA VIERGE

L’autel ayant disparu pendant la guerre 39/45 et n’ayant pas été réinstallé, nous nommerons cette partie de l’édifice : transept Nord. A l’heure actuelle, la sculpture de cette voûte n’est pas terminée (le sera-t-elle un jour ?) nous nous en tiendrons donc à la description de la P.H.et M : La sculpture des nervures est réalisée en partie grâce aux modèles des claveaux entreposés précieusement dans l’église où dans le Musée du Clocher. Frises réalisées : diagonale NO de la culée à la clef intermédiaire – diagonale NE de la culée à la clef intermédiaire – lierne E du formeret à la clef intermédiaire. Les tiercerons suivants sont également sculptés de la culée à la clef intermédiaires : O/NO – N/NO – N/NE – E/NE – E/SE;
Les 9 clefs taillées, moulurées, attendent toujours les pendentifs entreposés bruts dans le transept Sud de l’église (10) La piscine sur le mur Est de cette chapelle n’a pas été reconstruite à la restauration, cela est bien dommage.
Le mur Est est doté d’un bandeau au contraire des deux autres murs « borgnes ›› de l’église ; mur Ouest du bas-côté et mur Ouest du transept Sud.
A cela nous donnerons une explication qui n’engage que nous : attendu que ce bandeau qui court tout le long des murs extérieur et intérieur sert en quelque sorte de « larmier ›› aux fenêtres, on peut supposer que le transept Nord bâti avant la chapelle seigneuriale (comme le contrefort oblique de son angle N/E l’indique) le mur Est devait à l’origine posséder une fenêtre comme d’ailleurs le transept Sud. Cette baie ayant été bouchée à la construction de la chapelle seigneuriale et sa cheminée monumentale adossée à ce mur.
Le vitrail du mur Nord était à l’origine dans la 3ème baie du bas-côté. Nous en ferons la description avec les autres verrières.

LE TRANSEPT SUD

Le transept Sud dit aussi « chapelle de Saint-Sébastien ›› (siège de la confrérie de charitables qui y avait son coffre et ses archives (voir P.H. et M.) et aussi les confréries de charités – Abbé Lesieur) est la partie de l’église où il reste le plus de témoignage du passé. Cette chapelle étant encore debout après la guerre, la voûte seule étant effondrée, nous n’ajouterons rien à la description faite dans la P.H et M., la sculpture de la voûte étant entièrement réalisée et conforme à la description faite. Nous reparlerons du vitrail dédié à St-Sébastien avec les autres verrières.

FOUILLES AU PIED D’UN PILIER DU TRANSEPT SUD

Petit retour en arrière pour la compréhension de cette réalisation de l’A.S.P.A.C.H : « Huppy, point stratégique de la bataille d’Abbeville en mai 1940 (le P.C du Général de Gaulle était alors installé au château tout à côté de l’église) a beaucoup souffert des combats. De nombreuses maisons ont été soit détruites, soit fortement endommagées.
L’église elle-même fortement touchée par les tirs d’artillerie, fût sinistrée sans exagérer à plus de 80%. Les voûtes de pierre du chœur de la croisée et des transepts ainsi que l’ensemble des charpentes étaient effondrées, avec bien sûr la voûte en bois de la nef et du bas-côté.
La flèche en bois du clocher restait en équilibre sur les murs Ouest et Sud, les deux autres étant mis à bas presque jusqu’à terre. La tourelle d’escalier à l’angle N/E du clocher avait subi le même sort. Dès leur retour d’exode, les habitants ont mené des travaux afin de maintenir debout tout ce qui pouvait l’être encore, en particulier la flèche. Pour le reste, il ne restait que des pans de murs éventrés. A la fin de la guerre, dans les années 1945/46, a débuté la restauration proprement dite sous l’égide des Monuments Historiques grâce aux dommages de guerre ; restauration des murs jusqu’à leur arase, réédification des piliers des arcs, des voûtes et des charpentes. Le clocher : la flèche déposée en 1952, fût faite et reposée neuve en 1953 (nous en reparlerons).
Au cours de ces imposants et méticuleux travaux, il a été nécessaire de fouiller le sol labouré littéralement parla chute des matériaux afin de rechercher les bases solides des fondations restées intactes. Ces fouilles, soigneusement et méthodiquement effectuées ont révélées que les piliers à pans coupés pour la partie visible, étaient établis à angles droits sous terre et que la transition entre ces deux figures se faisait au moyen d’un pointe de diamant (sorte de pyramide finement travaillée comme pour rester visible) « nous ferons là un rapprochement avec les bases des piliers de l’église Saint-Sépulcre d’Abbeville, où ces pointes de diamant sont bien au dessus du dallage ››
Une deuxième constatation au niveau des couches de terrain montrait à 25 ou 30 cm au dessous de l’ancien dallage, un lit bien tassé de mâchefer au-dessus duquel étaient retrouvées de nombreuses pièces et fragments d’un dallage de formes et dimensions différentes (hexagonales, carrées et même briques très plates parfois vernissées)
Troisième constatation : tout autour de l’église une assise en damier alterné de silex proprement taillés, de grès ou de pierres meulières soigneusement façonnés, se situait sous le
dallage. A n’en pas douter, cette assise était destinée à rester visible (l’assise immédiatement dessous étant, elle, posée presque brute sans artifices décoratifs) ››
Toutes ces observations laissaient penser que la dallage intérieur de l’église avait été à une certaine époque surélevé d’une trentaine de cm (soit deux marches de plus pour descendre dans l’église) Quand ? Pourquoi ?

Notons quand même que l’église est bâtie sur un terrain un peu plus haut que la rue. Il est possible aussi que le dallage étant abîmé, il aurait servi de base à la mise en place d’un dallage au-dessus, cela n’est qu’une hypothèse.

Ces vestiges de l’histoire étant recouverts à jamais par une chape de béton en attendant un dallage définitif (quand ?), il semblait intéressant de laisser une trace de cette évolution dans une partie de l’église à l’intention des visiteurs amateurs d’histoire et d’architecture. Nous avons alors creusé au pied d’un pilier à un endroit peu fréquenté par les fidèles, ne gênant pas mais bien visible tout de même.
Cette fouille laisse apparaître la fondation en escalier (pour une meilleure assise) la pointe de diamant pyramidale restaurée, le dallage hexagonal ancien retrouvé dans les décombres et reposé à sa hauteur initiale (supposée en comparaison avec l’église St-Sépulcre d’Abbeville), un petit ossuaire sur le côté abritant les nombreux ossements retrouvés au cours de la fouille et des travaux (preuve des inhumations qui se faisaient jadis dans l’église) « voir Pays du Vimeu ››.
Plus haut, resté visible, le seul morceau de moulure ancien de la base du pilier (tout le reste dans l’église ayant été restauré) Sur les murs du transept, des traces de peintures murales, le mur en damier de silex taillés, les grès, les pierres meulières et de craie.
Il y a donc à cet endroit tout un échantillon de l’église primitive que l’on ne retrouve pas forcément ailleurs.
A noter pour terminer que cette présentation n’a nécessité aucune amputation sur l’édifice lui-même ; rien n’a été taillé, rien n’a été scellé, seul le béton brut (pas d’origine bien sûr) a été coupé. Une grille de fer forgé très simple protège l’ensemble. La fouille étant éclairée à la demande.
Donc si un jour (quand ?) un dallage définitif est posé et si cette réalisation ne fait pas l’unanimité (ce qui serait bien regrettable) il serait toujours possible de combler, de bétonner et d’enfouir sur ce dallage ces précieux témoignages du passé.

LA CROISÉE DES TRANSEPTS

Cette partie de l’édifice n’est pas à proprement parlé décrite minutieusement dans la P.H. et M et n’ayant pas connu l’église avant la guerre, il m’est difficile d’en parler en détail. De plus, la voûte ayant été complètement restaurée mais la structure même pas entreprise, la clef de voûte centrale est posée brute. Son lourd pendentif reste entreposé dans l’église attendant sa sculpture. Les six clefs pendantes sont moulurées au droit des nervures, le reste est posé brut. Les huit claveaux des diagonaux prévus sculptés sont juste «épannelés» ; bref tout reste à faire (mais quand ?)

LES VIEUX CULOTS SCULPTÉS

Au passage, nous noterons les vieux culots de départ de voûtes conservés et remis à leur place dans l’ensemble de l’église :

  • NEF : les deux sur le mur Sud – angle S/O et angle N/O
  • BAS-COTE : angle S/O et angle N/O
  • TRANSEPT NORD : les quatre refaits neufs
  • CROISÉE : 1 vieil angle S/E
  • TRANSEPT SUD : quatre vieux
  • CHŒUR : 2 refaits neufs angle S/O et angle N/O

LE CHŒUR

Dans le chœur, la voûte effondrée en mai 1940 a été entièrement refaite à neuf sauf les archivoltes le long des murs au-dessus des fenêtres, leur description sera celle de la P.H et M. Pour le reste de la sculpture, nous considérerons que l’ensemble des nervures et les clefs intermédiaires ont été refaites à l’identique. Mais quelques-unes ont tout de même été refaites autrement (manque de documentation ou morceaux tombés trop endommagés probablement) (5) la clef du milieu du doubleau porte bien sur sa face Ouest les armoiries de France soit 3 fleurs de Lys – au-dessous figure un croissant ; sur sa face Est qui n’est pas décrite dans la P.H. et M (difficile à distinguer par manque de recul) figure aujourd’hui un évêque assis, bénissant, crosse inclinée qui n’est pas sans rappeler la statue de Saint-Sépulcre par POULTIER qui trônait avant guerre dans l’église et qui était classée Monument Historique. La clef récupérée dans les décombres est exposé dans la première salle du Musée du Clocher.

LA CLEF DU CUL DE FOUR

La clef du cul du four: la dernière à l’Est de forme cylindrique se compose de 3 tablettes destinées à l’origine à accueillir des statuettes. Le sculpteur qui a restauré ce pendentif à innové en sculptant le fond de «niche » en bas relief d’anges musiciens (trompette – cymbales et «guitare» ? ) 

CLEFS INTERMÉDIAIRES

Deux  clefs intermédiaires ornées de croix de Malte ont été refaites à l’identique (6) de la P.H. et M.

UNE CLEF NON RESTAURÉE

En (7) la P.H. et M cité une « clef voisine du grand arc qui sépare le Chœur du carré du Transept, un écusson est : parti au premier d’argent à deux lions affrontés, armés et lampassés de gueules tenant un écusson de même et une fleur de lys sur l’épaule qui est de Teuffles ; au deuxième de….. à la croix de Malte de …… »
Une citation difficile à interpréter dont il n’y a plus de trace après la restauration ?

La piscine à droite du maître autel citée dans la P.H. et M est encore là mais son ornementation de l’arc n’a pas été restaurée.

La grande arcade qui communique avec la chapelle seigneuriale citée dans la P.H. et M n’existe plus, un épais mur la remplace et une porte basse donne accès à la nouvelle sacristie qui est, en fait, l’ancienne chapelle seigneuriale dont nous allons parler.
La porte de la sacristie bâtie au 19ème siècle dans l’angle du chœur et du transept Sud, a été bouchée (mur Sud). La sacristie détruite n’a heureusement pas été rebâtie.

LES VITRAUX

Le chœur de I’église est doté encore de magnifiques vitraux historiés datés de 1545 qui sont décrits dans la P.H. et M dans leur situation avant-guerre (1914/1918). Nous en ferons la description actuelle prochainement.

Source: ASPACHuppy

Fouilles au pied du pilier à l’angle du chœur et du Transept Sud transept Sud 

Huppy l’église Saint-Sulpice

Huppy point stratégique de la bataille d’Abbeville en Mai 1940 (le P.C.du général De Gaulle était alors installé au château) a beaucoup souffert des combats. De nombreuses maisons ont été détruites ou endommagées.
L`Eglise elle-même sise près du château fût sinistrée ã 80%. Les voûtes et les charpentes étaient effondrées, la flèche du clocher restait en équilibre sur les murs ouest et sud, les deux autres étant mis à bas.
Dès 1941 des travaux menés par les habitants ont permis de maintenir debout tout ce qui pouvait l’être encore.
Dans les années 1945-1946 a débuté la restauration proprement dite sous l’égide des Monuments Historiques grâce aux dommages de guerre : Restauration du clocher et de sa flèche, réédification des murs, des piliers, des voûtes et des charpentes.
Au cours de ces imposants et méticuleux travaux, il a été nécessaire de fouiller le sol labouré littéralement par la chute des matériaux afin de rechercher les bases solides des
fondations restées intactes. 
Ces fouilles soigneusement et méthodiquement effectuées ont révélées que les piliers à pans coupés pour la partie visible étaient établis à angles droits sous terre et que la transition entre ces deux figures se faisait au moyen d”une pointe de diamant (sorte de pyramide finement travaillée comme pour rester visible).
Une deuxième observation au niveau des couches du terrain montrait à 25 ou 30 cm au dessous du dallage un lit bien tassé au dessus duquel étaient retrouvées de nombreuses pièces de dallage de formes et dimensions différentes (hexagonales, carrés et même simple briques très Plates)

Troisième constatation, tout autour de l’Eglise une assise en damier alterné de silex proprement taillés, de grès où de pierres meulières se situait sous le dallage. A n’en pas douter
cette assise était destinée à rester visible. (1’assise immédiatement dessous étant, elle, posée brute sans artifices décoratifs).
Toutes ces observations laissaient penser que le dallage intérieur de l’église avait été surélevé d”une trentaine de cm (soit deux marches de plus pour «descendre» dans l’église)
quand ? Pourquoi ? 
Ces vestiges du passé étant recouverts à jamais par une chape de béton en attendant un dallage définitif, il semblait intéressant de laisser une trace de cette évolution dans une partie de l’église à l’intention des visiteurs amateurs d’architecture. 
Nous avons creusé au pied d’un pilier à un endroit peu fréquenté par les fidèles mais bien visible tout de même. 
Cette fouille laisse apparaître la fondation « en escalier ››, la pointe de diamant pyramidale, le dallage ancien reposé à sa hauteur (supposée) initiale un petit ossuaire abritant les nombreux ossements trouvés au cour de la fouille (preuve des inhumations qui se faisaient jadis dans l’église). Plus haut resté visible le seul morceau de moulure ancien (tout le reste dans l’église a été restauré). Des traces de peintures murales. Le mur en damier de silex taillés de grès, de meulière et de craie.
Il y a donc à cet endroit tout un échantillon des vestiges de l’Eglise primitive.
A noter pour terminer que cette présentation n’a nécessité aucune amputation sur l’édifice lui-même. Rien n’a été scellé, rien n`a été taillé, seul le béton brut à été coupé, une grille protège l’ensemble.
Donc, si un jour ! un dallage définitif est posé, et si cette réalisation ne fait pas l’unanimité (ce qui serait regrettable) il serait toujours possible de bétonner et d’enfouir sous ce dallage ces précieux témoignages du passé.

Juillet 1996

Source: ASPACHuppy