Description des vitraux

N’étant pas spécialiste du vitrail, Claude Piette emprunte la description des verrières à  des représentations qui ont fait l’objet d’études dans trois ouvrages de références :

  • 1) Description  de Philippe Des Forts dans – Picardie Historique et Monumentale.
  • 2) Description de l’abbé Le Sueur, curé d’Erondelle, dans – Notice sur quelques verrières anciennes de l’arrondissement d’Abbeville en 1888.
  • 3) Description de R. Canton – P. Hainsselin dans – 1975, Antiquaires de Picardie.

Découvrons en premier  les baies G – H – I – J – K et L.

Les six vitraux du chœur de l’église.

Vitrail baie G  L’Assomption et le couronnement de la vierge
Vitrail baie H   La rencontre de Jésus et de Véronique
Vitrail baie I  Le couronnement de la vierge

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vitrail baie J  Saint Michel terrassant Lucifer
Vitrail baie K  L’incarnation
Vitrail L Les vertus

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Découvrons la baie D .

Le vitrail de la chapelle de la vierge du transept Nord de l’église.

Vitrail baie D  La résurrection de Lazare

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Découvrons les baies M – N.

Les deux vitraux de la chapelle de Saint Sébastien du transept Sud de l’église.

Vitrail baie M  Saint Sébastien
Vitrail baie N  La translation des âmes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Découvrons les baies P et B.

Le vitrail P au-dessus de la porte Sud de la nef de l’église. Flambage art abstrait

Le vitrail B  sur le mur Nord du bas coté face à cette porte. Flambage les vertus

Vitrail P
Vitrail B

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Découvrons les  baies A – Q et C – O.

Les quatre vitraux face à face  du mur du bas coté Nord et du mur Sud de la nef  de l’église.

Vitrail A – Q et C – O

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour terminer la description des vitraux regardons  les  baies E et F  de la sacristie (ancienne chapelle seigneuriale) .

Des fenêtres en verre cathédrale sans valeur historique.

Verrière de la Baie E – F  Sacristie

Les vitraux

Poursuivons notre visite de l’église et voyons maintenant les vitraux : Quand on pénètre dans l’église, on est tout d’abord frappé parla beauté et l’éclat du chœur (surtout au soleil levant) aux voûtes de pierres sculptées, aux pendentifs finement ciselés rayonnant de mille teintes filtrant au travers des magnifiques vitraux. Ces fragiles œuvres d’art datées de 1545 ont traversé les siècles pour arriver jusqu’à nous avec plus ou moins de bonheur.

Avant 1900: Jusqu’à la fin du XIXème siècle, l’église Saint-Sulpice de HUPPY était dotée en totalité de ses fenêtres de vitraux plus ou moins anciens. Les plus vieux datant d’un peu avant le milieu du XVIe siècle étaient classés « Monuments Historiques ››. Beaucoup de baies avaient au fil des années été garnies de verrières par de donateurs pour marquer un événement heureux ou malheureux de leur existence (comme il était également fait pour la statuaire) Ces verrières avaient plus ou moins de valeur tant historique qu’artistique. Aucune étude sérieuse n’est parvenue jusqu’à nous, malheureusement car il aurait été intéressant pour nous d’en connaître l’exacte description et surtout leur origine.

La restauration en 1900 : Pour ce qui est de la description des verrières actuelles nous nous référerons aux études antérieures.

Une restauration vers 1900 (date inscrite sur la verrière J) par la Maison LATTEUX/BAZIN de MESNIL SAINT-FIRMIN dans l’Oise sous la direction de M. De FRECHENCOURT et De GUYENCQURT, exécutée avec goût et compétence ne permet guère aujourd’hui de distinguer les morceaux changés. Malheureusement plusieurs blasons manquaient; les maîtres verriers se gardèrent bien d’en créer, mais pour ne pas laisser de blancs, ils mélangèrent les armoiries dans certaines baies, rendant pratiquement impossible I ‘établissement des filiations. Certains blasons provenant des fenêtres plus récentes ont ainsi été conservés. Après cette restauration de 1900, il y avait des vitraux dans chaque fenêtre de l’édifice, certaines en grisailles,….. «Pas pour longtemps !››

1914: Les verrières « classées ›› furent déposées en 1914 et reposées après la tourmente. Les verrières non classées étant partiellement restaurées, l’église était à nouveau garnie de vitraux malgré les blancs de plus en plus nombreux.

1939 : Déposés une nouvelle fois en 1939, ils subirent donc par deux fois des restaurations et aussi des retouches dues surtout à leurs changements de place.

Pour la fenêtre I et J : de la chapelle seigneuriale au chœur de l’église

Pour la fenêtre D : du bas-côté Nord au transept Nord.

  Tout ceci pour les verrières classées, les autres disparurent à la destruction en presque totalité de l’église en mai 1940.

Bulletins Paroisse

« Entre nous », est le premier bulletin paroissial distribué à Huppy. Le premier numéro  n’est en fait qu’une simple feuille que nous n’avons malheureusement pas dans nos archives. Nous commencerons donc avec le n° 2 de février 1923. Cette initiative de la création et de la parution d’un bulletin pour les paroissiens nous la devons à l’abbé Cauët curé de la paroisse Saint Sulpice. Les différents prêtres de la paroisse faisant évoluer par la suite le bulletin paroissial de manière personnelle.

« Entre nous » n°1 janvier 1924, abbé Cauët

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Deuxième année de parution

Entre nous » n°1 janvier 1925, abbé Cauët

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Troisième année de parution

L’apôtre du secteur, août 1945, abbé R. Cazier.

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Liste des noms des morts et prisonniers de guerre de Huppy.

L’apôtre du secteur, juin 1946, abbé  R. Cazier.

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Pèlerinage de la paroisse de Huppy à Notre-Dame de Blangy.

L’apôtre du secteur, février 1948, abbé Lejeune.

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Nouveau curé , nouvelle présentation manuscrite.

Villages qui renaissent, n° 1 janvier 1952, abbé Moullart.

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Nouveau curé , nouveau Titre. A lire le Clocheteur d’Huppy.

Villages qui renaissent, n° 2 janvier 1952, abbé Moullart

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La présentation a changée. A lire dans ce bulletin

« Derniers combats de la Basse-Somme » (4-12 juin 1940)

Villages qui renaissent, n° 1  janvier 1953, abbé Moullart

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Les première publicités dans le bulletin paroissial ! 

 

 

Plans et mesures de l’église

Dossier I 

Les plans de la charpente  nef, bas coté, transept croisée, chœur

Coupe longitudinale du clocher, de la nef, du croisée transept et du cœur (Archives ASPACHuppy)

Coupe longitudinale du croisée transept (Archives ASPACHuppy)

coupe transversale sur la nef et bas coté (Archives ASPACHuppy)

Erayure du chœur (Archives ASPACHuppy)

Charpente du chœur (Archives ASPACHuppy)

Élévation transept est & ouest (Archives ASPACHuppy)

Élévation transept est & ouest  – section de de la charpente (Archives ASPACHuppy)

 Ferme en place sur abside (Archives ASPACHuppy)

Charpente chœur détail (Archives ASPACHuppy)

Charpente chœur détail (Archives ASPACHuppy)

Charpente chœur détail (Archives ASPACHuppy)

Dossier II

Les plans de la charpente de la flèche

Charpente de la flèche (Archives ASPACHuppy)

 

Les enrayures de la flèche (Archives ASPACHuppy)

Les abat-sons (Archives ASPACHuppy)

Le haut de la flèche et son support de croix (Archives ASPACHuppy)

Dossier III

La croix et son coq

La croix et son coq  points des détails A – B – C (Archives ASPACHuppy)

Position du support torsadé de la croix avec ses différents axes (Archives ASPACHuppy)

Détail A de la croix (Archives ASPACHuppy)

Détail B de la croix (Archives ASPACHuppy)

Détail C de la croix (Archives ASPACHuppy)

Dossier IV

Les plans mesures

Mesures de la nef (Archives ASPACHuppy)

Mesures du bas coté (Archives ASPACHuppy)

Mesures du croisée central, du transept Nord, du chœur et de la sacristie(Archives ASPACHuppy)

Mesures du narthex et de l’élévation du clocher  (Archives ASPACHuppy)

Mesures chœur  (Archives ASPACHuppy)

Mesures chœur  (Archives ASPACHuppy)

Mesures du pignon Est (Archives ASPACHuppy)

Mesures du pignon Nord (Archives ASPACHuppy)

Mesures des pignons (Archives ASPACHuppy)

Tous les documents présentés proviennent des architectes de monuments de France. 

Chapitre VII – La Chapelle Seigneuriale & Vitraux

Chapitre VII & La Chapelle Seigneuriale & Les vitraux.

LA CHAPELLE SEIGNEURIALE (11) (12) (13)
La 5éme campagne des travaux en 1545 (vitraux datés)

 La Chapelle Seigneuriale a perdu tous ses titres de noblesse puisqu’elle a été transformée en sacristie par les restaurateurs, après la guerre 39/45. La Picardie Historique et Monumentale la décrit ainsi: 

 «La Chapelle Seigneuriale n’appartient pas à la construction primitive et ne fut pas prévue tout d’abord dans le plan de l’architecte ; les traces de reprise demeurent très visibles à l’extérieur (11) On aurait formé le projet de la voûter comme le prouvent les culots d’angles et les amorces des nervures (12) Elle se fait remarquer par le beauté des vitraux qui garnissent ses deux fenêtres et par la présence d’une cheminée (13) Les cheminées de chapelle seigneuriale sont assez rare ; on en voit a PIERREFONDS, à l’église de BROU, à FRESSIN dans le Pas-De~Calais et dans notre région, à VILLERS-CAMPSART ; mais il ne faut pas s’étonner de trouver une ressemblance entre les chapelles des deux églises de Villers et d’Huppy car les mêmes seigneurs (les La Rivière) possédèrent les deux fiefs » (fin de citation de la P.H.M)
De nos jours, on ne peut plus parler de chapelle seigneuriale. Un épais mur a remplacé l’arc qui faisait communiquer le chœur et la chapelle et qui devait être garni d’une grille pour en interdire l’accès aux fidèles. Un restant de cet arc est encore visible à l’intérieur du coté de la culée Sud-Est de la voûte prévue mais jamais réalisée. Une porte basse est percée dans ce mur, elle est fermée d’une grille en fer forgé posée en 1984, par l’A.S.PA.C.H. Le plafond jadis en solives et poutres apparentes est aujourd’hui fait de solives recouvertes d’isorel, une trappe d’accès aux combles est située dans l’angle Sud-Est. Les départs de voûte, gerbes sur culots, ont été conservés dans trois angles : NO – NE – SE. Il n’y a plus de traces dans l’angle SO, les murs ayant été refaits sur toute leur hauteur. La cheminée elle non plus n’a pas été reconstruite, cela est bien dommage puisqu’elle était un cas presque unique. La porte sur le mur Nord qui donnait jadis accès au château a été préservée. Le linteau intérieur est à l’horizontal tandis que l’extérieur a conservé son arc mouluré qui passe «en pénétration» au travers du bandeau-larmier de l’appui de la fenêtre.
Les fenêtres E et F comportent encore les neuf panneaux comme à l’origine quand les verrières historiées les garnissaient. Les deux verrières datées de 1545 ont été reposées dans le chœur de l’église aux baies l et J. Sur les murs Nord et Est, le bandeau-larmier a été restauré alors que les murs Sud et Ouest n‘en possèdent pas, ayant été pour le mur Ouest refait sans la cheminée et pour le mur Sud créé de toute pièce à la restauration. Les archivoltes des fenêtres Nord et Est ont elles aussi été conservées.
De nos jours, un meuble récupéré par l’Abbé Yves MOREL chez les petites sœurs des pauvres d’Amiens, remplace sur le mur Ouest, la cheminée. Un évier a été également posé par l’A.S.P.A.C.H dans l’angle NE pour faciliter le travail des femmes chargées de fleurir l’église. En avril 2004, les fenêtres sont encore garnies de verres cathédrale en attendant des verrières en grisaille comme la nef (mais quand ?) Comme dans le reste de |’église, le sol est encore en béton brut en attendant un dallage digne de l’édifice.
Mesures intérieures de cette chapelle : 3,35 m x 4,30 m.

ASPACHuppy

Le vitrail de 1545 en place dans la chapelle seigneuriale avant mai 1940.

Héliogravure DUJARDIN  ASPACHuppy

chapitre VI – Croisée & Transepts & Chœur & Fouilles transept sud

Chapitre VI & Croisée & Transepts & Chœur & Fouilles transept Sud

L’intérieur de l’église Saint Sulpice de Huppy fin XIX éme début du XX éme siècle

La nef, le chœur, la croisée et les transepts nord et sud

Source: ASPACHuppy

Quatrième tranche des travaux.

Probablement réalisée tout au début du XVIème siècle, elle englobe la construction de la croisée, des transepts Nord et Sud et le Chœur.

Pour cette description, nous citerons textuellement la Picardie Historique et Monumentale et nous y ajouterons à la fin nos réflexions dues aux découvertes d’après guerre et surtout de l’état actuel de l`édifice.

«Le carré et les bras du transept et le chœur reçurent des voûtes de pierre ; elles furent construites après coup. Ainsi qu’à la nef, on lança d’abord les premiers claveaux des nervures sans poursuivre l’achèvement des voûtes. Le raccord est très visible entre les premières assises et les suivantes ; les profils présentent des différences complètes au chœur et à la chapelle de la Vierge, toutes les branches d’ogives sont ornées de rinceaux de feuillage ; les trois claveaux seuls n’en ont pas.

La voûte de la chapelle de la Vierge (1) offre la disposition suivante :

  • Autour d’une clef centrale ornée de petites niches destinées sans doute à abriter des statuettes et séparées les unes des autres par de petits pilastres, rayonnent huit petites
    clefs dont le caractère principal est de présenter deux tablettes superposées qui se profilent en perspective : un petit culot feuillagé complète la décoration (2).
  • Les cinq clefs, tout à fait remarquables par leur sculpture fine et délicate, qui meublent la voûte de la chapelle Saint-Sébastien (croisillon méridional) appartiennent à l’art de la renaissance et n’ont aucun caractère religieux (3).
  •  A la clef centrale, au dessus d’un chapiteau à larges feuilles d’acanthe, imitation très visible du chapiteau corinthien, quatre petits personnages, le torse nu, les jambes dans une gaine de feuillage à la façon des cariatides, soutiennent la tablette qui reçoit les nervures.
  • Deux autres clefs représentent des femmes se tenant par les bras, les jambes tortillées en spirale ; une autre offre quatre massacres de mouton ; une autre quatre têtes d’enfants joufflus. J’ajouterai que l’ornementation des branches d’ogives a moins de relief ici qu’à la chapelle de la Vierge (4).

La voûte du carré (5) et celle du chœur présentent avec les autres de notables différences : l’influence de la renaissance s’y révèle d’avantage. Plus encore à HUPPY qu’à FONTAINE, le style nouveau règne en maître dans cette partie de l’église. Au chœur, le large méplat qui termine chaque nervure est creusé de petits caissons, la plupart des claveaux sont unis, quelques-uns ornés de cartouches ; les clefs d’un dessin assez sec appartiennent déjà à la deuxième renaissance. La clef du milieu porte les armoiries de France ; (5) les petites clefs latérales présentent des petites tablettes et des culots sculptés en perspective ; sur l’une d’elles se détache un écusson orné d’une croix de Malte (6) sur la clef voisine du grand arc qui sépare le chœur du carré du transept, un écusson est : parti, au premier, d’argent à deux lions affrontés, armés et lampassés de gueules, tenant un écusson de même et une fleur de lys sur l’épaule, qui est de Teuffles ; au deuxième, de …….. .. A la croix de Malte de …………. ..(7).

De grandes archivoltes trilobées encadrent les fenêtres du chœur ainsi que la grande arcade qui communique avec la chapelle (8) ; leurs extrémités s’ouvrent pour rejoindre le faisceau des nervures – doubleau – ogives et formerets qui reposent sur des consoles ornées comme celles de la nef de choux frisés (9).
A droite du Maître-autel et de chacun des deux autels qui occupent la face orientale des croisillons, est creusée une piscine amortie en anse de panier (10). La chapelle seigneuriale n’appartient pas à la construction primitive et ne fut pas prévues tout d’abords dans le plan de l’architecte ; les traces de reprise demeurent très visibles à l’extérieur (11) On avait formé le projet de la voûter, comme le prouvent les culots d’angles et les amorces des nervures (12) Elle se fait remarquer parla beauté des vitraux qui garnissent ses deux fenêtres et par la présence d’une cheminée (13) Les cheminées des chapelles seigneuriales sont assez rares ; on en voit à Pierrefonds, à l’église de Brou, à Fressin dans le Pas-De-Calais et dans notre région à Villers-Campsart ; mais il ne faut pas s’étonner de trouver une ressemblance entre les chapelles des deux églises de Villers et de Huppy, car les mêmes seigneurs, les La Rivière possédèrent les deux fiefs : « document , R. de Belleval : Les fiefs et les seigneuries du Ponthieu et du Vimeu. PARIS, 1870, in – 4°, P.P 185 et 329››.
Je relèverai encore d’autres analogies entre les deux églises, elles ont l’une et l’autre deux nefs et à Villers comme à Huppy, la chapelle appartient à une seconde campagne de travaux. Les fenêtres n’ont pas à l’intérieur et à l’extérieur une triple moulure prismatique formant archivoltes et se poursuivant le long des piédroits comme à Fontaine ; elles n’en possèdent que deux mais elles sont beaucoup plus larges que celles de Fontaine et deux méneaux les partagent au lieu d’un seul. Leur remplage offre aussi une plus grande richesse. Tandis que les fenêtres des nefs, percées régulièrement dans l’axe des travées, se composent, à l’exception de la fenêtre qui surmonte la porte latérale, de trois formes trilobées couronnées de mouchettes, au contraire, les fenêtres des croisillons, de la chapelle seigneuriale et du Chœur présentent les combinaisons les plus compliquées et les plus variées.
Il faut rendre hommage aux artistes de I’époque flamboyante qui surent tirer un parti merveilleux de deux éléments très simples : la mouchette et surtout le soufflet. Les réseaux des fenêtres de HUPPY sont de véritables modèles. ››

(Fin de citation textuelle de la Picardie Historique et Monumentale)

Voyons maintenant nos remarques au sujet de cette description de la croisée des transepts, des transepts Nord et Sud, du Chœur et de la Chapelle Seigneuriale :

LA CHAPELLE DE LA VIERGE

L’autel ayant disparu pendant la guerre 39/45 et n’ayant pas été réinstallé, nous nommerons cette partie de l’édifice : transept Nord. A l’heure actuelle, la sculpture de cette voûte n’est pas terminée (le sera-t-elle un jour ?) nous nous en tiendrons donc à la description de la P.H.et M : La sculpture des nervures est réalisée en partie grâce aux modèles des claveaux entreposés précieusement dans l’église où dans le Musée du Clocher. Frises réalisées : diagonale NO de la culée à la clef intermédiaire – diagonale NE de la culée à la clef intermédiaire – lierne E du formeret à la clef intermédiaire. Les tiercerons suivants sont également sculptés de la culée à la clef intermédiaires : O/NO – N/NO – N/NE – E/NE – E/SE;
Les 9 clefs taillées, moulurées, attendent toujours les pendentifs entreposés bruts dans le transept Sud de l’église (10) La piscine sur le mur Est de cette chapelle n’a pas été reconstruite à la restauration, cela est bien dommage.
Le mur Est est doté d’un bandeau au contraire des deux autres murs « borgnes ›› de l’église ; mur Ouest du bas-côté et mur Ouest du transept Sud.
A cela nous donnerons une explication qui n’engage que nous : attendu que ce bandeau qui court tout le long des murs extérieur et intérieur sert en quelque sorte de « larmier ›› aux fenêtres, on peut supposer que le transept Nord bâti avant la chapelle seigneuriale (comme le contrefort oblique de son angle N/E l’indique) le mur Est devait à l’origine posséder une fenêtre comme d’ailleurs le transept Sud. Cette baie ayant été bouchée à la construction de la chapelle seigneuriale et sa cheminée monumentale adossée à ce mur.
Le vitrail du mur Nord était à l’origine dans la 3ème baie du bas-côté. Nous en ferons la description avec les autres verrières.

LE TRANSEPT SUD

Le transept Sud dit aussi « chapelle de Saint-Sébastien ›› (siège de la confrérie de charitables qui y avait son coffre et ses archives (voir P.H. et M.) et aussi les confréries de charités – Abbé Lesieur) est la partie de l’église où il reste le plus de témoignage du passé. Cette chapelle étant encore debout après la guerre, la voûte seule étant effondrée, nous n’ajouterons rien à la description faite dans la P.H et M., la sculpture de la voûte étant entièrement réalisée et conforme à la description faite. Nous reparlerons du vitrail dédié à St-Sébastien avec les autres verrières.

FOUILLES AU PIED D’UN PILIER DU TRANSEPT SUD

Petit retour en arrière pour la compréhension de cette réalisation de l’A.S.P.A.C.H : « Huppy, point stratégique de la bataille d’Abbeville en mai 1940 (le P.C du Général de Gaulle était alors installé au château tout à côté de l’église) a beaucoup souffert des combats. De nombreuses maisons ont été soit détruites, soit fortement endommagées.
L’église elle-même fortement touchée par les tirs d’artillerie, fût sinistrée sans exagérer à plus de 80%. Les voûtes de pierre du chœur de la croisée et des transepts ainsi que l’ensemble des charpentes étaient effondrées, avec bien sûr la voûte en bois de la nef et du bas-côté.
La flèche en bois du clocher restait en équilibre sur les murs Ouest et Sud, les deux autres étant mis à bas presque jusqu’à terre. La tourelle d’escalier à l’angle N/E du clocher avait subi le même sort. Dès leur retour d’exode, les habitants ont mené des travaux afin de maintenir debout tout ce qui pouvait l’être encore, en particulier la flèche. Pour le reste, il ne restait que des pans de murs éventrés. A la fin de la guerre, dans les années 1945/46, a débuté la restauration proprement dite sous l’égide des Monuments Historiques grâce aux dommages de guerre ; restauration des murs jusqu’à leur arase, réédification des piliers des arcs, des voûtes et des charpentes. Le clocher : la flèche déposée en 1952, fût faite et reposée neuve en 1953 (nous en reparlerons).
Au cours de ces imposants et méticuleux travaux, il a été nécessaire de fouiller le sol labouré littéralement parla chute des matériaux afin de rechercher les bases solides des fondations restées intactes. Ces fouilles, soigneusement et méthodiquement effectuées ont révélées que les piliers à pans coupés pour la partie visible, étaient établis à angles droits sous terre et que la transition entre ces deux figures se faisait au moyen d’un pointe de diamant (sorte de pyramide finement travaillée comme pour rester visible) « nous ferons là un rapprochement avec les bases des piliers de l’église Saint-Sépulcre d’Abbeville, où ces pointes de diamant sont bien au dessus du dallage ››
Une deuxième constatation au niveau des couches de terrain montrait à 25 ou 30 cm au dessous de l’ancien dallage, un lit bien tassé de mâchefer au-dessus duquel étaient retrouvées de nombreuses pièces et fragments d’un dallage de formes et dimensions différentes (hexagonales, carrées et même briques très plates parfois vernissées)
Troisième constatation : tout autour de l’église une assise en damier alterné de silex proprement taillés, de grès ou de pierres meulières soigneusement façonnés, se situait sous le
dallage. A n’en pas douter, cette assise était destinée à rester visible (l’assise immédiatement dessous étant, elle, posée presque brute sans artifices décoratifs) ››
Toutes ces observations laissaient penser que la dallage intérieur de l’église avait été à une certaine époque surélevé d’une trentaine de cm (soit deux marches de plus pour descendre dans l’église) Quand ? Pourquoi ?

Notons quand même que l’église est bâtie sur un terrain un peu plus haut que la rue. Il est possible aussi que le dallage étant abîmé, il aurait servi de base à la mise en place d’un dallage au-dessus, cela n’est qu’une hypothèse.

Ces vestiges de l’histoire étant recouverts à jamais par une chape de béton en attendant un dallage définitif (quand ?), il semblait intéressant de laisser une trace de cette évolution dans une partie de l’église à l’intention des visiteurs amateurs d’histoire et d’architecture. Nous avons alors creusé au pied d’un pilier à un endroit peu fréquenté par les fidèles, ne gênant pas mais bien visible tout de même.
Cette fouille laisse apparaître la fondation en escalier (pour une meilleure assise) la pointe de diamant pyramidale restaurée, le dallage hexagonal ancien retrouvé dans les décombres et reposé à sa hauteur initiale (supposée en comparaison avec l’église St-Sépulcre d’Abbeville), un petit ossuaire sur le côté abritant les nombreux ossements retrouvés au cours de la fouille et des travaux (preuve des inhumations qui se faisaient jadis dans l’église) « voir Pays du Vimeu ››.
Plus haut, resté visible, le seul morceau de moulure ancien de la base du pilier (tout le reste dans l’église ayant été restauré) Sur les murs du transept, des traces de peintures murales, le mur en damier de silex taillés, les grès, les pierres meulières et de craie.
Il y a donc à cet endroit tout un échantillon de l’église primitive que l’on ne retrouve pas forcément ailleurs.
A noter pour terminer que cette présentation n’a nécessité aucune amputation sur l’édifice lui-même ; rien n’a été taillé, rien n’a été scellé, seul le béton brut (pas d’origine bien sûr) a été coupé. Une grille de fer forgé très simple protège l’ensemble. La fouille étant éclairée à la demande.
Donc si un jour (quand ?) un dallage définitif est posé et si cette réalisation ne fait pas l’unanimité (ce qui serait bien regrettable) il serait toujours possible de combler, de bétonner et d’enfouir sur ce dallage ces précieux témoignages du passé.

LA CROISÉE DES TRANSEPTS

Cette partie de l’édifice n’est pas à proprement parlé décrite minutieusement dans la P.H. et M et n’ayant pas connu l’église avant la guerre, il m’est difficile d’en parler en détail. De plus, la voûte ayant été complètement restaurée mais la structure même pas entreprise, la clef de voûte centrale est posée brute. Son lourd pendentif reste entreposé dans l’église attendant sa sculpture. Les six clefs pendantes sont moulurées au droit des nervures, le reste est posé brut. Les huit claveaux des diagonaux prévus sculptés sont juste «épannelés» ; bref tout reste à faire (mais quand ?)

LES VIEUX CULOTS SCULPTÉS

Au passage, nous noterons les vieux culots de départ de voûtes conservés et remis à leur place dans l’ensemble de l’église :

  • NEF : les deux sur le mur Sud – angle S/O et angle N/O
  • BAS-COTE : angle S/O et angle N/O
  • TRANSEPT NORD : les quatre refaits neufs
  • CROISÉE : 1 vieil angle S/E
  • TRANSEPT SUD : quatre vieux
  • CHŒUR : 2 refaits neufs angle S/O et angle N/O

LE CHŒUR

Dans le chœur, la voûte effondrée en mai 1940 a été entièrement refaite à neuf sauf les archivoltes le long des murs au-dessus des fenêtres, leur description sera celle de la P.H et M. Pour le reste de la sculpture, nous considérerons que l’ensemble des nervures et les clefs intermédiaires ont été refaites à l’identique. Mais quelques-unes ont tout de même été refaites autrement (manque de documentation ou morceaux tombés trop endommagés probablement) (5) la clef du milieu du doubleau porte bien sur sa face Ouest les armoiries de France soit 3 fleurs de Lys – au-dessous figure un croissant ; sur sa face Est qui n’est pas décrite dans la P.H. et M (difficile à distinguer par manque de recul) figure aujourd’hui un évêque assis, bénissant, crosse inclinée qui n’est pas sans rappeler la statue de Saint-Sépulcre par POULTIER qui trônait avant guerre dans l’église et qui était classée Monument Historique. La clef récupérée dans les décombres est exposé dans la première salle du Musée du Clocher.

LA CLEF DU CUL DE FOUR

La clef du cul du four: la dernière à l’Est de forme cylindrique se compose de 3 tablettes destinées à l’origine à accueillir des statuettes. Le sculpteur qui a restauré ce pendentif à innové en sculptant le fond de «niche » en bas relief d’anges musiciens (trompette – cymbales et «guitare» ? ) 

CLEFS INTERMÉDIAIRES

Deux  clefs intermédiaires ornées de croix de Malte ont été refaites à l’identique (6) de la P.H. et M.

UNE CLEF NON RESTAURÉE

En (7) la P.H. et M cité une « clef voisine du grand arc qui sépare le Chœur du carré du Transept, un écusson est : parti au premier d’argent à deux lions affrontés, armés et lampassés de gueules tenant un écusson de même et une fleur de lys sur l’épaule qui est de Teuffles ; au deuxième de….. à la croix de Malte de …… »
Une citation difficile à interpréter dont il n’y a plus de trace après la restauration ?

La piscine à droite du maître autel citée dans la P.H. et M est encore là mais son ornementation de l’arc n’a pas été restaurée.

La grande arcade qui communique avec la chapelle seigneuriale citée dans la P.H. et M n’existe plus, un épais mur la remplace et une porte basse donne accès à la nouvelle sacristie qui est, en fait, l’ancienne chapelle seigneuriale dont nous allons parler.
La porte de la sacristie bâtie au 19ème siècle dans l’angle du chœur et du transept Sud, a été bouchée (mur Sud). La sacristie détruite n’a heureusement pas été rebâtie.

LES VITRAUX

Le chœur de I’église est doté encore de magnifiques vitraux historiés datés de 1545 qui sont décrits dans la P.H. et M dans leur situation avant-guerre (1914/1918). Nous en ferons la description actuelle prochainement.

Source: ASPACHuppy

Fouilles au pied du pilier à l’angle du chœur et du Transept Sud transept Sud 

Huppy l’église Saint-Sulpice

Huppy point stratégique de la bataille d’Abbeville en Mai 1940 (le P.C.du général De Gaulle était alors installé au château) a beaucoup souffert des combats. De nombreuses maisons ont été détruites ou endommagées.
L`Eglise elle-même sise près du château fût sinistrée ã 80%. Les voûtes et les charpentes étaient effondrées, la flèche du clocher restait en équilibre sur les murs ouest et sud, les deux autres étant mis à bas.
Dès 1941 des travaux menés par les habitants ont permis de maintenir debout tout ce qui pouvait l’être encore.
Dans les années 1945-1946 a débuté la restauration proprement dite sous l’égide des Monuments Historiques grâce aux dommages de guerre : Restauration du clocher et de sa flèche, réédification des murs, des piliers, des voûtes et des charpentes.
Au cours de ces imposants et méticuleux travaux, il a été nécessaire de fouiller le sol labouré littéralement par la chute des matériaux afin de rechercher les bases solides des
fondations restées intactes. 
Ces fouilles soigneusement et méthodiquement effectuées ont révélées que les piliers à pans coupés pour la partie visible étaient établis à angles droits sous terre et que la transition entre ces deux figures se faisait au moyen d”une pointe de diamant (sorte de pyramide finement travaillée comme pour rester visible).
Une deuxième observation au niveau des couches du terrain montrait à 25 ou 30 cm au dessous du dallage un lit bien tassé au dessus duquel étaient retrouvées de nombreuses pièces de dallage de formes et dimensions différentes (hexagonales, carrés et même simple briques très Plates)

Troisième constatation, tout autour de l’Eglise une assise en damier alterné de silex proprement taillés, de grès où de pierres meulières se situait sous le dallage. A n’en pas douter
cette assise était destinée à rester visible. (1’assise immédiatement dessous étant, elle, posée brute sans artifices décoratifs).
Toutes ces observations laissaient penser que le dallage intérieur de l’église avait été surélevé d”une trentaine de cm (soit deux marches de plus pour «descendre» dans l’église)
quand ? Pourquoi ? 
Ces vestiges du passé étant recouverts à jamais par une chape de béton en attendant un dallage définitif, il semblait intéressant de laisser une trace de cette évolution dans une partie de l’église à l’intention des visiteurs amateurs d’architecture. 
Nous avons creusé au pied d’un pilier à un endroit peu fréquenté par les fidèles mais bien visible tout de même. 
Cette fouille laisse apparaître la fondation « en escalier ››, la pointe de diamant pyramidale, le dallage ancien reposé à sa hauteur (supposée) initiale un petit ossuaire abritant les nombreux ossements trouvés au cour de la fouille (preuve des inhumations qui se faisaient jadis dans l’église). Plus haut resté visible le seul morceau de moulure ancien (tout le reste dans l’église a été restauré). Des traces de peintures murales. Le mur en damier de silex taillés de grès, de meulière et de craie.
Il y a donc à cet endroit tout un échantillon des vestiges de l’Eglise primitive.
A noter pour terminer que cette présentation n’a nécessité aucune amputation sur l’édifice lui-même. Rien n’a été scellé, rien n`a été taillé, seul le béton brut à été coupé, une grille protège l’ensemble.
Donc, si un jour ! un dallage définitif est posé, et si cette réalisation ne fait pas l’unanimité (ce qui serait regrettable) il serait toujours possible de bétonner et d’enfouir sous ce dallage ces précieux témoignages du passé.

Juillet 1996

Source: ASPACHuppy

Chapitre V – Clocher & Flèche

Chapitre V – Clocher & Flèche

LE CLOCHER

Fin XVème Siècle

  Que l’on arrive à HUPPY parla RN 28, au Nord d’Abbeville, au Sud de Blangy-sur-Bresle, par la D 13 d’Amiens ou par la D 25 de Oisemont, la fine flèche couverte d’ardoise « émerge» au-dessus des bouquets d’arbres, tel le mât d’un navire sur une mer de verdure. Il faut néanmoins s’en approcher pour découvrir son imposante tour quadrangulaire flanquée de huit contreforts d’angle massifs qui montent sur toute la hauteur pour soutenir des encorbellements arrondis en « nids d’hirondelles » dans les angles rentrants.
  Au sommet de la tour, une superbe balustrade ajourée de soufflets flamboyants quadrilobés entoure la flèche de bois de charpente, permettant ainsi à 25 mètres de hauteur d’en faire le tour en toute sécurité sur un chéneau de plomb en admirant le paysage alentour. On découvre de ce magnifique point de vue, la campagne environnante encore très verdoyante, les champs et villages voisins à plus d’une quinzaine de kilomètres.
Une porte basse à l’Ouest permet l’accès au Narthex. En anse de panier surbaissé, elle perd peu à peu ses moulures rongées par l’érosion. Les bases ont depuis longtemps disparu.
  Dans le sommet de la tour s’ouvrent quatre baies à la hauteur de la cloche, garnies à leur sommet de remplages aux soufflets flamboyants, une archivolte ogivale orne chaque fenêtre faisant également office de renvoi d’eau.
  Jadis le son des cloches était dirigé vers le sol par deux hauteurs d’abat-sons assez disgracieux, couverts d’ardoises et fortement saillants. La base des fenêtres était bouchée de maçonnerie sur environ 1 mètre.
  Fort heureusement, les restaurateurs après guerre ont supprime cela. Actuellement les fenêtres  sont dotées, pour la même fonction, de six hauteurs d’abat-sons beaucoup plus en retrait, laissant ainsi apparaître le pied droit du fenestrage. Les appuis de ces fenêtres en mauvais état ont été restaurées dans les années 1980/1990.
  Une tourelle à pans coupés abritant l’escalier en colimaçon est accolée à l’extérieur dans l’angle Nord-Est de la tour. La pointe de cette tourelle en pierre de taille est ornée sur chaque arête de « choux » et de chimères amusantes, certaines hardies grimpent allègrement vers le sommet, tandis que d’autres craintives, peureuses, tentent de regagner la terre ferme et se dirigent vers le sol. Sur les angles, le long de la flèche, l’artiste sculpteur manquant de « dégagement » a sculpté des figurines qui semblent s’écraser sur |’ardoise.
  Sur toute la hauteur, quatre bandeaux larmiers cernent la tout à intervalles irréguliers au grès des éléments – porte basse – bases des fenêtres hautes et arases des murs de la nef.
  Six courts bandeaux sont disposés dans les intervalles uniquement sur la face externe des contreforts. Le soubassement est constitué comme dans toute l’église, de meulières aux angles et de panneaux faits de grès et de silex taillés, en légère saillie avec les murs en se raccordant au nu du mur par une moulure en talon renversé.
Une moulure saillante supporte la balustrade.
  Seule la pièce du premier étage est éclairée par trois meurtrières Nord Sud et Ouest, celle de l’Est donnant sur la nef. La tour, bâtie de craie de pays, a gardé malgré le temps toute (ou presque) sa blancheur d’origine ; elle est en bon état, excepté la base sur ses trois faces Nord – Sud et Ouest.
Deux gargouilles de grès non sculptées rejettent au loin l’eau du chéneau vers le Nord et le Sud
Deux portes de chêne reposées à la reconstruction donnent accès à I’escalier.
  Notons enfin, pour l’histoire, qu’à la suite des bombardements de mai 1940, les murs dans I’angle Nord-Est s’étaient effondrés sur toute la hauteur, mettant du même coup à bas la tourelle d’escalier. La flèche restant dangereusement en équilibre sur les murs Ouest et Sud.
  Dès 1941, un mur provisoire de soutènement avait été érigé en hâte pour parer à l’effondrement de la flèche. La reconstruction proprement dite de la tour ne commence réellement que dans les années 1950 par l’entreprise Charpentier de PARIS.
 L’étaiement de la porte Ouest en bastaings avait été exécuté par le charpentier du Village, André Ratel, aidé de Lucien Decouleur qui a gravé son nom sur l’ébrasement de cette porte avec la date «1946».

LA FLÈCHE

  La flèche du clocher toute de chêne construite, s’élève 18 mètres au-dessus du chéneau de la tour.
  Un fût carré de 4 mètres de hauteur sert de base et fait la transition entre le carré de la maçonnerie et l’octogone de la flèche proprement dite.
  Quatre pointes de diamant en assurent le relais. Une porte au Nord dans le fût permet l’accès au plancher établi sur l’enrayure basse (4ème salle du Musée «HUPPY AUTREFOIS»)
  Une «boule» de plomb en garnit le sommet au pied de la croix. Une croix de 3,25 mètres jusqu’au-dessous du Coq mettant ainsi celui-ci à plus de 21 mètres au-dessus du chéneau. Le Coq seul ne fait pas moins d’un mètre du bec à la queue, il est tout en cuivre. Coincé depuis des années, il a été restauré en 1984 par l’ASPACHuppy aidé par messieurs Duvanel et Wulsteck. Perdant la queue au cours d’une tempête, il a été une seconde fois réparé par les membres de l‘ASPACHuppy en 1987.
Avant la guerre 39/45, la face Sud du fût était ornée d’un cadran d’horloge qui n’a pas été reposé à la reconstruction de cette flèche.
  Notons enfin pour l’historique que pendant la guerre 39/45, les allemands avaient édifié sur la tour, autour et au-dessus de la flèche un «mirador» s’élevant bien au-dessus de celui-ci. Pour cela, ils avaient déposé la croix et percé de part et d’autre le clocher afin de passer au travers des perches de bois. A la libération, le mirador déposé, les trous ont été bouchés provisoirement mais en 1952, les trous béants avaient laissé entrer la pluie, pourrissant inexorablement l’enrayure basse et l’ensemble du clocher. Il fallut se résoudre à en faire un neuf. Déposé en 1952, il fut reconstruit en 1953 par l’entreprise Martin de Puteaux.
  Le chef de chantier était à I’époque Camille Préau, les compagnons, Albert Labreuveux et Claude Piette, l’aide charpentier, Georges Louchard.
  Couvert parla suite par l’entreprise Marcais de Paris.
  La maçonnerie était l’œuvre de l’entreprise Charpentier de Paris.
  Voir les plans d’ensemble de cette flèche et de la croix.

ASPACHuppy

Articles de presse locale

ASPACHuppy

Chapitre IV & Nef & Bas coté Nord

Chapitre IV: Nef & Bas coté Nord.

L’intérieur de l’église : Nef & Bas-coté

  Les étapes de sa construction

  Après avoir franchi le Narthex, nous pénétrons dans la nef de l’église parla porte Ouest dépourvue de moulure et de toute autre ornementation. Le linteau est en anse de panier surbaissé, comme toutes les portes de l’édifice (sauf la porte de la nouvelle sacristie qui a pris la place de la chapelle seigneuriale après la restauration des années 1950 -›196O ?)
Nous sommes dans la nef, ce qui nous amène à parler tout de suite des étapes de la construction : si nous n’avons pas de certitude quant à la date du début de la construction de l’église, nous en avons une en ce qui concerne la fin de l’édification de la chapelle seigneuriale par une date 1545 figurant sur une verrière qui la ornait. Cette tranche de travaux était pour nous la 5ème. Là, nous allons quelque peu contredire la Picardie Historique et Monumentale (P.H.M) qui donne pour 1er campagne de travaux l’ensemble nef- bas-côté Nord – clocher. Pour nous, ces trois parties de l’édifice ont été exécutées, non par ensemble, mais en trois étapes bien distinctes. Des preuves qui n’ont pas pu être décelées par les auteurs de la P.H.M nous ont été révélées au cours de fouilles qu’il a fallu faire pour chercher le sol solide afin de rétablir les bases des piliers effondrés en mai 1940.

Première tranche des travaux

  Des photos prises à cette époque par l’entreprise « CHARPENTIER P.M ›› sous les ordres de M. SALLEZ, alors architecte en chef des Monuments Historiques, montrent bien que la nef était bel et bien seule construite en premier lieu. Nous allons expliquer cette thèse :
  Le mur Nord de cette nef unique (au chevet plat) a bien été construit en pierres meulières, moellons de craie et damier de silex alternés et cela dans toute sa longueur. Les photos noir et blanc de l’époque montrent également les fondations des contreforts Nord destinés à épauler
les doubleaux des voûtes futures.
  De plus, un contrefort dans l’angle Nord-Ouest, visible encore à l’extérieur entre le pignon Ouest du bas-côté et la tour de l’escalier, est en diagonale comme celui de l’angle Sud-Ouest, chose illogique si la tourelle et le clocher étaient construits en même temps.
  Nous ferons la même constatation dans l’angle Nord-Est du transept Nord. (voir annexe)

Diaporama des photos en noir et blanc de l’entreprise Charpentier en 1946.


  Nous irons même plus loin dans les suppositions (qui n’engagent que nous !) : il se pourrait bien que cette étape de la construction réalisée a été dotée d’un clocheton ou un pignon clocher campenard où était installée une petite cloche que l’on tirait de l’intérieur de cette grande chapelle. Des traces de frottements de cordes apparaissent sur l’arc formeret et sur l’arc de la porte du mur Ouest (ce n’est là bien sûr qu’une supposition)

Deuxième tranche des travaux

  La deuxième tranche de travaux serait alors le clocher (avant 1500). On constate, vu l’importance de la tour, l’ambition des maîtres d’œuvre de bâtir quelque chose de grand.

Troisième tranche des travaux

  Nous sommes à la fin du XIème siècle et d’après les archives et écrits, en 1497, deux seigneuries se réunissent, deux villages Huppy haut et Huppy bas. On peut supposer alors que la population augmentant, les édiles sont amenés à agrandir l’église. Ils construisent alors le bas-côté Nord. Pour cela, ils établissent des piliers et des arcs à la place du mur Nord dont ils conservent les fondations. Ils dotent le mur Nord de grandes baies et percent le mur Sud de la nef pour y établir également des grandes baies qui vont remplacer les plus petites mises en place à l’origine. Nous épaulerons cette thèse par le fait qu’en observant les deux murs Nord et Sud, on constate :
  Sur le mur Nord, l’arc de la baie et le formeret de la future voûte sont en pleine harmonie alors que sur le mur Sud, I’arc des baies est mangé par le formeret, lui-même brisé, comme construit en deux fois (même constatation sera faite dans le Chœur) Cette troisième étape ayant sûrement empiété sur les premières décennies du XVème siècle.

Un projet non réalisé ?

  Dans nos suppositions, nous y ajouterons celle-ci. On peut penser que des bâtisseurs avaient l’intention de construire un second bas-côté Sud puisqu’ils ont laissé les voûtes en attente (comme à Fontaine-Sur-Somme) : projet abandonné faute de moyens ou gêné par le cimetière
qui entourait l’église et la « chapelle ›› primitive qui devait bien exister car Huppy le village lui-même existait et un culte y était célébré.

Des pierres de réemploi

  Pour appuyer cette supposition, nous reviendrons dans le bas-côté Nord pour y constater que comme dans toute l’église, les culots sont ouvragés et sculptés de feuillage, acanthe, houblon, chardon ou vigne, sauf les deux des angles Nord-Ouest et Sud-Ouest qui sont d’un style plus
roman que gothique, de même que les quatre de la voûte du premier étage de la tour (voir description) Nous ne possédons pas de photo ce de pignon d’avant la guerre qui nous montrerait si l’appareillage des culots et gerbes coïncidaient avec les assises du moellonnage.

Une voûte en bois

  Les voûtes de pierre n’ayant pas pu être réalisées, les bâtisseurs ont « greffé ›› dans les charpentes traditionnelles une voûte en bois lambrissée. Cette voûte plus plate, moins haute que celle actuelle bâtie en 1964, laissait apparaître des éléments essentiels de charpente, tels que liens, contrefiches ou jambettes. Certaines pannes ont pu être ouvragées voire sculptées puisqu’un élément récupéré dans les décombres à l’époque est exposé dans le musée du Clocher et comporte une frise sculptée.

La P.H.M

  Un point important mentionné dans la P.H et M et qu’il nous paraît bon de signaler en la citant textuellement :

  La construction des nefs a précédé celle des croisillons et du chœur. Le grand arc en tiers-point qui sépare la nef du carré du transept, en renforçant le dernier pilier, a noyé en partie les nervures d’attente, l’extrémité des deux ogives qui se voient de chaque côté montrent bien que le plan primitif fut modifié. 
  Ces vestiges capitaux pour la compréhension n’ont pas été remis en l’état par les restaurateurs après la guerre 39/45, ce qui est bien dommage. L’archivolte de I’arc Doubleau visible sur une photo de la P.H et M n’a pas elle non plus été rétablie. Heureusement qu’il n’en a pas été de
même pour les culots et les départs de voûte de la nef et du bas-côté Nord.
  Avant de quitter la nef, regardons le mur Ouest côté du clocher :
  Là, les bâtisseurs ont eu la bonne idée de ne pas faire descendre les contreforts jusqu’au sol. Ils les ont arrêtés à la hauteur des culées de voûtes futures en les amortissant en consoles ouvragées de boudins.

  Pour la description de la nef citons textuellement la Picardie Historique et Monumentale :
  L’église de Huppy est avec celle de Fontaine, le plus beau et le plus complet monument de notre Canton et peut soutenir en comparaison avec sa rivale des bords de la Somme. Si elle n’a pas le joli portail de celle-ci, elle possède un élégant clocher ; si elle ne montre pas dans ses
voûtes les fines sculptures de la chapelle de la Vierge de Fontaine, elle déploie dans ses fenêtres de magnifiques verrières. Les deux églises se complètent l’une l’autre. Elles appartiennent au même style et furent construites sans doute à la même époque. L’église de Huppy, moins vaste que sa voisine n’a qu’un seul collatéral qui flanque le côté septentrional de la nef. Trois grandes arcades relient les deux nefs.
  La nef comprend trois travées. Les constructeurs avaient pensé la couvrir d’une voûte de pierre, ainsi que le collatéral et les nervures d’attente, heureusement respectées par les restaurateurs du monument, marquent encore le départ des doubleaux et des ogives. Les trois nervures identiques comme profil, reposent sur de petits culots ornés de feuillage ; sous quelques-uns de ceux-ci, on a découvert récemment des croix de consécration. Trois piliers rectangulaires aux angles abattus recueillent les retombées des grandes arcades en tiers-point, qui se composent
d’un gros boudin s’engageant par une pénétration triangulaire dans le pilier et d’une série de cavets et de bandeaux. Une moulure prismatique forme archivolte. La construction de la nef a précédé celle des croisillons et du Chœur. Le grand arc en tiers-point qu sépare la nef du carré
du transept, en renforçant le dernier pilier, a noyé en partie les nervures d’attente. L’extrémité des deux ogives qui se voient de chaque côté montrent bien que le plan primitif fut modifié. D’autres détails le prouvent encore : les grandes arcades du carré du transept et les consoles
qui reçoivent les nervures sont sensiblement plus basses au transept et au Chœur qu’à la nef. (fin de citation de la P.H.M) 
  Cette dernière phrase étant inexacte, c’est I’inverse : les culots du transept sont plus hauts (4,45 m pour 4 m au Chœur et 3,75 m dans la nef)
(voir annexe VII )
  Un bandeau qui forme également le nez des appuis de fenêtres court sur le mur Sud de la nef, à 2,50 m environ du sol, en formant un décrochement au dessus de la porte Sud et sur le mur Nord du bas-côté Nord. Les murs Ouest en sont dépourvus ne possédant pas de fenêtre. Un petit bénitier en marbre est scellé à l’entrée de la nef.

Charpente

  La charpente ouvragée a été refaite en 1964 plus ogivale que l’originale, elle est dotée de bardeau en planchettes de châtaignier et de couvre-joints moulurés. Une sablière à plat répartit les charges sur le mur. De grosses sablières moulurées relient les entraits, eux-mêmes
ouvragés aux abouts et au centre.
  Les têtes et les bases des poinçons sont moulurés pour passer de la forme carrée à la forme octogonale sur la longueur.
  Les pannes et le sous-faîtage saillants sont pourvus également de moulures.
  Six fermes composent cette charpente formant 5 travées et deux plus petites à l’Est et à l’Ouest où les entraits passent devant le bas des contreforts du clocher.

Le pavage

  Actuellement, le sol est constitué d’une chape en béton établie à 10 cm sous le niveau définitif. D’après les photos et les fragments retrouvés après la destruction partielle de l’église, l’allée centrale était pavée de carreaux de terre cuite hexagonaux, tandis que sous les bancs de la
nef, le sol était couvert de briques très plates en usage à l”époque. Le reste de l’église était doté de carreaux décorés ou de dalles en marbre noires ou blanches en damiers.

De nombreux fragments sont exposés dans les salles du musée du Clocher, nous en reparlerons.
Dimensions (moyennes)
Nef : longueur: 15,55 m – largeur 1 7,20 m
Bas-côté Nord : longueur: 15,64 m – largeur : 4,66 m

Crois de la consécration (vestiges)

  Citées dans la Picardie Historique et Monumentale à la page 140 (Ponthieu-Vimeu) MDCCCV, 1905, qui n’en donne pas le nombre ni leur position exacte. Nous avons recherché ces vestiges, sous quelques-uns de ceux-ci (culots) on a découvert récemment des croix de consécration. 
  L’église ayant été fortement restaurée après la guerre.39/45, nous n’avons retrouvé qu’une seule trace de ces croix de consécration. Elle est située comme l’indique la P.H et M sous le premier culot de voûte au Sud dans la Nef.
  Cercle légèrement gravé dans la pierre
  La croix peinte d’un rouge brique (badigeon)
  De forme très incertaine
  Consécration : rendre sacré  – action sacrée par laquelle une personne ou une chose est séparée du monde profane et affectée définitivement au Culte de Dieu.
  En dehors de la consécration eucharistique, les choses consacrées peuvent être des églises, des autels, des cloches ou des vases du Culte.
  La consécration suppose l`usage d’un Saint-Chrême et doit être effectuée par un Ministre ayant reçu le caractère épiscopal.

ASPACHuppy

Annexe: hauteurs des culots.

ASPACHuppy

L’église

Sommaire description audio de l’église  Saint Sulpice

L’église vers 1900

Sa description extérieure.

  Contrairement au reste, l’extérieur de l’église est décrit très sommairement dans la Picardie Historique et Monumentale, ce qui va nous permettre d’en faire une description plus approfondie.

Citons d’abord la P.H et M :

  L’ornementation extérieure de l’église est des plus simples. Un  soubassement (1) se raccordant au nu du mur par un talon renversé. un bandeau-larmier  (2) courant sous les fenêtres, des Archivoltes (3) avec arrêts horizontaux autour des fenêtres ; ce sont les éléments que l’on retrouve dans toutes les églises flamboyantes de la région. les contreforts (4) présentent une petite particularité ; le talus très allongé qui les amortit est légèrement concave. A l’extérieur apparaissent très visibles les  trois étapes (5) de la construction du monument. Le clocher et la nef appartiennent à la fin du XVe Siècle ou au commencement du XVIe Siècle; très peu de temps après furent bâtis le carré du transept et le chœur ; puis la chapelle seigneuriale. Comme à FONTAINE, on termina les travaux par la construction des voûtes. (Fin de la citation de PH et M)
Reprenons la citation depuis le début :

LE SOUBASSEMENT (1)

  Le soubassement se raccorde bien avec le nu du mur par une moulure. Il est en saillie par rapport à celui-ci de 8 cm, la moulure occupant toute l’assise de pierre de taille, soit 27 cm. Tout le soubassement est composé de grès et silex taillés en damiers, les angles des contreforts étant en pierres meulières. Une explication à cela: les constructeurs ont cherché pour bâtir le soubassement des matériaux plus résistants que la craie. Ils ont choisi le grès et les silex taillés pour le plein mur et ont opté pour la pierre meulière pour les angles, celle-ci étant plus résistante que la craie et moins dure à travailler que le grès.
  Il y a en moyenne deux assises de cet appareillage grès-silex sous l’assise moulurée (le terrain étant quelque peu en pente)

LE BANDEAU-LARMIER (2)

  Un bandeau-larmier à la hauteur du nez des appuis des fenêtres fait tout le tour de l’édifice sans interruption même au passage des trois portes de l’église : Ouest/Sud et la chapelle seigneuriale au Nord.

  A l’Ouest au passage de la porte le bandeau-larmier se transforme en archivolte en arc surbaissé. Pour la porte Sud dans la nef, les constructeurs ont choisi de faire un décrochement à angle droit afin de rechercher le nez de l’appui de fenêtre qui surplombe la porte passant au-dessus de l’archivolte de la porte sans le toucher. Pour la porte Nord de la chapelle seigneuriale (actuelle sacristie) Qui est plus basse Que !es deux autres, le problème a été résolu, en faisant traverser le bandeau-larmier par pénétration dans l’archivolte de la porte.

LES ARCHIVOLTES DES FENÊTRES (3)

Bien décrites dans la P.H. et M nous n’ajouterons que ces archivoltes, outre leur but décoratif comme dans toutes les églises, ont également une utilité pratique. Elle sont là en effet pour servir de renvoi d’eau au-dessus des baies au même titre que les bandeaux-larmiers, Citons au passage la définition d’un bandeau tiré d’un traité d’architecture :
  BANDEAU  (architecture) : moulure horizontale large et peu saillante placée sur une surface verticale ou épousant la forme d’une arcade, la circonférence d’une colonne (anneau). Le rôle des bandeaux extérieur est d’empêcher l’eau de pluie de couler le long du mur. Alors le profil de leur base forme larmier.

LES CONTREFORTS (4)

  Comme le signale ta P.H. et M, le glacis de ces contreforts est légèrement concave (pour l’esthétique) mais aussi comme pour les bandeaux, par utilité. Conçus ainsi, ils font office de coyaux.
  COYAU : petite pièce de bois formant « adoucissement . (dans la toiture) entre le pied des chevrons et la saillie de l’entablement. Ils facilitent ainsi l’écoulement des eaux de pluie en les ralentissant.
   LA CORNICHE D’ENTABLEMENT  : comme les éléments cités auparavant la corniche d’entablement moulurée, outre son rôle esthétique, a également une utilité pratique ; c’est elle qui reçoit la plate-forme de coyau, éloigne le ruissellement des eaux pluviales en écartant au maximum la gouttière du nu du mur.
  GOUTTIÈRES ET DESCENTES  : elles sont en cuivre avec dauphins en fonte. Les eaux sont écartées du pied des murs par des ruisselets pour la face Sud et des regards et puisards pour la face Nord plus élevée.
  LA COUVERTURE  : l’ensemble de l’église est couvert d’ardoises d’Angers M.H, faîtières en plomb, noues fermées en ardoises. L’aération des combles est assurée par des passe-barres situées en haut et en bas du rampant. Ces passe-barres outre leur utilité d’assainissement, servent également à fixer des crochets ou cordes pour tenir les échelles en cas de réparation.
  A noter : à la reconstruction, il n’avait été prévu et réalisé en partie un égout en tuiles plates sur l’entablement afin de supprimer l’inesthétique gouttière. L’eau n’étant plus  captée ruisselait le long des murs au risque de les dégrader à la longue. Ce projet a été abandonné et la gouttière a été posée sur l’ensemble de l’édifice.
  UNE LITRE ET DES ARMOIRIES  : comme toutes les églises, les murs sont parsemés de graffitis plus ou moins anciens, plus ou moins intéressants, nous en reparlerons. Par contre, nous avons retrouvé çà et là des traces d’une litre noire bien entendu, avec de place en place, mais biens répartis dans un souci d’esthétique, des blasons de seigneurie que nous n’avons pas pu authentifier, Des photos ont été prises de ces précieux témoins de traditions moyenâgeuses.

  D’après un traité d’architecture en voici la définition :

LITRE : nom féminin. Lors des funérailles d’un seigneur au moyen-âge, on peignait ou on tendait sur le pourtour des murs intérieurs et extérieurs de l’église une bande d’étoffe de couleur noire appelée LITRE sur laquelle se détachaient les armoiries du seigneur (toutes les paroisses ne possédaient pas cette longue étoffe, on peignait en noir sur le mur à 2,50 m environ du sol un bandeau de 40 à 50 cm de large souvent sur deux assises de pierre). Le droit de Litre était un droit seigneurial. Ce mot désigne également des bandes armoriées appliquées sur les murs de l’église pour les funérailles d’un grand personnage ou du PATRON de l’église. ››

  PATRON : droit canon. Personne possédant le droit de patronage sur une église. 

  PATRONAGE : le patronage d’une église fut souvent reconnu à la personne qui la fondait et à ses ayants droits successifs. 

LES ÉTAPES DE LA CONSTRUCTION (5)

  La P.H et M nous parle de traces des étapes de la construction sans les détailler, ce que nous allons faire brièvement car celles-ci sont expliquées dans d’autres chapitres. En faisant le tour côté Nord, le contrefort entre la tourelle d’escalier et le pignon Ouest du bas-côté à 45° montre bien que la nef a été construite avant le bas-côté Nord puisqu’il était alors destiné à contrebuter le diagonal de la nef.

Le 4éme contrefort, angle Nord Est du bas-côté est à 90°.

Le 5éme contrefort, angle Nord Est du transept Nord est à 45°, il contrebute le diagonal, la chapelle seigneuriale n’étant pas encore construite.

Le 6éme contrefort, angle Nord Est de la chapelle seigneuriale est à 45°, il était destiné à contrebuter la voûte (jamais réalisée).

LA SACRISTIE (XIXème Siècle)

  Continuons le tour de l’église en passant devant le chevet : nous sommes maintenant dans l’angle fermé par le Chœur et le Transept Sud. C’est à cet endroit qu’avait été bâtie une sacristie (heureusement disparue) les murs de cette sacristie extérieure fait de briques prenaient appui au Sud sur le contrefort Sud-Est du transept Sud et à l’Est sur le contrefort perpendiculaire du Chœur.

  Une porte extérieure s’ouvrait à l’Est. Une porte intérieure donnait accès au Chœur juste devant le Maître Autel. Des traces d’engravure  sont encore visibles çà et là.

  La toiture à 4 pans et 4 arêtiers exigeait la pose d’un chevreau le long des murs de l’église – mur Nord du transept Sud et mur Sud du Chœur. Le 16 avril 1871, le conseil vote 500 F pour une sacristie.

  Le pavage de cette sacristie avait été réalisé en 1877 avec de  bonnes briques de Sénarpont.

 

ASPACHuppy

L’église Saint Sulpice

L’église Saint Sulpice

Eglise Saint SULPICE de Huppy

Dessin Claude Piette

Proposition de classement de l’église de Huppy au nombre des Monuments Historiques le 15 août 1907.

 L’an mil neuf cent sept le 15 août à onze heures et demie du matin le conseil municipal de Huppy s’est réuni au lieu ordinaire de ses séances sous la présidence de M le maire M Antoine HUGUET.

  Étaient présents, Messieurs HURTOIS, LEROY, SANGNIER, POURCHEZ, HERBET, JOLY, THIBAULT, ACLOCQUE, DUMONCHY, MELLIER et HUGUET.

  M MELLIER est élu secrétaire.

  La séance étant ouverte M le président donne lecture d’une lettre en date du 31 juillet 1907, par laquelle M le sous-secrétaire d’état des beau arts fait connaitre à M le préfet de la Somme que la commission de Monuments Historiques vient d »appeler son attention sur l’intérêt que présente l’église de Huppy et de lui proposer d’en prononcer le classement au nombre des Monuments Historiques.

  En transmettant à M le maire la dite lettre, M le sous-préfet le prie d’appeler le conseil municipal à délibérer sur la question. Monsieur le maire donne aussi lecture des principaux articles de la loi du 30 mars 1887, et du décret du 3 janvier 1889, relatifs à la conservation des monuments et objets ayant un intérêt historique et artistique.

  Le conseil municipal ouï les dites lectures et après avoir délibéré sur la question, considérant que l’église de Huppy appartient à la commune et qu’elle est exclusivement consacrée à l’exercice du culte catholique, qu’elle n’est pas louée et qu’elle est à la pleine disposition de la commune, que son classement au nombre des Monuments Historiques n’aura sans doute que des effets utiles, entre autres celui de lui conserver intact son caractère artistique, n’a aucune objection à opposer à ce classement mais exprime le vœu que cette mesure n’ait pas pour conséquence d’entraîner la commune dans des dépenses qui ne seraient pas en rapport avec ses modiques ressources.

  Fait et délibéré en séance les jour, mois et an susdit.

  Signé des conseillés présents.

  Suite à cette délibération l’église de Huppy a été inscrite le 15 août 1907, au nombre des Monuments Historiques de France. Nous allons commencer la description de cette église du XV siècle depuis sa construction jusqu’à nos jours. Ce dossier sera sans doute l’un des plus volumineux en raison de son histoire et du nombre (31) de chapitres traités.

Source: ASPACHuppy

 

Chapitre III & Clocher narthex & Premier étage

Chapitre III: Clocher narthex & Premier étage.

Visite de l’église pour la réunion C.l.S Patrimoine à HUPPY le 11 juin 2004

LE NARTHEX

  Nous entrons dans l’église en passant sous la voûte basse du clocher. Nous sommes dans le Narthex (porche spacieux précédant l’entrée de certaines églises françaises ou anglaises. On y bénissait autrefois, encore aujourd’hui à Huppy, les défunts avant l’entrée du cercueil dans l’église) « appelé aussi GALILÉE ».
  La voûte en croisée d’ogives n’a pas de clef centrale, les deux diagonaux NE-SO et NO-SE formant croix, elle ne possède pas non plus de liernes ou tiercerons ; les voûtains de la paillasse de voûte reposent sur les formerets moulurés encastrés dans le mur au cours de la construction des murs du clocher.
  Les gerbes (ou départ de voûte) reposent sur 4 culots sculptés de feuillage, acanthe ou vigne. Le culot NE laissant apparaître une grappe de raisin. L’appareillage des gerbes avec les murs montrent certaines différences entre les assises des deux éléments, murs et gerbes, ce qui laisse à penser que la voûte a été posée après coup (sûrement longtemps après). D’autres indices accréditeront cette thèse, nous le verrons par la suite.
  Cette voûte éventrée en partie lors de la chute du mur Nord et d’une partie du mur Est du clocher, a été refaite dans les années 1950 -›1960 (par l’entreprise Charpentier P.M de Paris au sein de laquelle plusieurs ouvriers de Huppy ont œuvré à la restauration de l’église, nous en dresserons la liste en temps utile.
 Sur le mur Nord se trouve la porte d’accès à l’escalier en spirale (ou en colimaçon). Cet escalier lui aussi effondré au cours de la guerre 39/45, a été refait à la même époque. Une porte en planches de chêne garnie de vieux clous en garde l’accès (bien évidemment cette porte a été refaite) La porte d’entrée Ouest de l’église est en anse de panier surbaissé, faisait penser à du Roman tardif.
  L’extérieur de l’arc et des pieds droits est mouluré, mais malheureusement les bases sculptées de chaque côté de la porte ont disparu, rongées par le temps et les frottements. La porte à deux battants en sapin a été posée en 1964 (provisoirement)
  Pour accéder à l’église, nous descendons deux marches reposées après guerre, ce sont les marches de la table d’autel entre la croisée et le chœur (table de communion). L’arc intérieur de cette porte est également en anse de panier mais sans moulure. La porte qui donne accès à la nef de l’église est également en anse de panier des deux côtés mais sans moulure (là aussi la porte de sapin est provisoire )
  Dans ce Narthex (comme dans le reste de l’église d’ailleurs) la première assise au ras du sol est composée en damier de silex taillés de grès et de pierre meulière (ou tuf). Le reste des murs est appareillé de moellon de craie de pays avec çà et là des moignons de silex nombreux  dans cette pierre et laissés apparents par les tailleurs de pierres dans l’impossibilité de les scier.
  Quelques reprises des murs sont visibles de place en place mais il est difficile d’en déterminer la date de pose. Par contre, dans l’angle Nord/Est, la reprise date des années 1950 – 1960, ayant été faite en pierre de Saint Maximin comme pour le reste de la restauration de l’église.

  Sur les murs, de nombreux noms, dates, annotations ont été gravés au cours des siècles. Nous en dresserons une liste à la fin de ce chapitre. Parlons quand même tout de suite de la date 1819 au dessus d’un triangle et gravée soigneusement sur le mur Sud. Cette marque indique le sommet qui a servi à la triangulation pour établir les cartes de Cassini (nous retrouverons ce signe avec d’autres dates dans certaines églises comme à Quend pour ne citer qu’elle)

Sur le mur Sud est accrochée une croix de fer forgé d’environ 2 mètres de haut. Elle fut donnée comme la plaque l’indique par Fauvel Bouquet d’Onicourt (hameau de
Grébault-Mesnil) et placée ici le 27 août 1897, M. Huguet étant Maire. C’était la plus vieille croix du cimetière qui cernait jadis l’église et qui a été transféré à la sortie du village, route de Liercourt. En fait, elle avait été posée à l’extérieur de l’église derrière la grand croix de tuf (classée) sous les gouttants de la Gargouille du clocher. Elle a été rentrée à l”abri en 1984 par l’ASPACHuppy. Les abouts en fer (tôle fine) formant des fleurs de lys ont disparu. La tige torsadée et le petit christ en fer forgé à la main lui donnent une grande valeur ; sur le derrière, dans la petite niche oratoire, était placée une petite vierge à l’enfant en fer forgé à la main. Sur les murs, sur les linteaux, surtout sur le formeret SUD/EST des portes, nous voyons des traces d’usure faites par la corde des cloches (je dis des cloches car d’après les archives, il y
avait trois cloches dans le beffroi avant la révolution, nous en reparlerons) Là encore, on peut supposer que l’on sonnait déjà les cloches avant la pose de la voûte, car si les cordes avaient été comme maintenant, guidées dans un trou de la voûte à la verticale du « rouet ››, elles n’auraient pas battu le long des murs au point d’y faire des saignées très visibles. Actuellement la corde de l’unique cloche descend à la verticale du rouet dans l’angle Ouest-Nord de la voûte et pour éviter l’usure de la pierre et de la corde, elle est guidée dans un tuyau de bois dur (chêne -frêne – acacia) _
  Nous remarquons également dans ce Narthex que le bas des murs sur une hauteur d’un mètre environ, était peint en gris foncé, le reste des murs et de la voûte était en ocre ou blanc comme une inscription sur le mur Sud nous l’indique.
  Le sol est encore en béton brut coulé à dix centimètres sous le niveau futur (et ancien) du dallage. Le jour laissé sous la porte d’accès à l’escalier laisse voir cet espace libre.
Voyons maintenant les inscriptions (graffitis) intéressantes sur les murs (Voir annexe I )

  Le Narthex de forme carrée mesure intérieurement 3,77 m x 3,77 m – dessus des culots 3 m au dessus du sol définitif – hauteur centre voûte 5,13 m au dessus du sol définitif.
  En relevant les graffitis sur les murs, se relève des trous (Voir annexe II ) bouchés dans les archivoltes le long des murs. Ces entailles étaient destinées à maintenir des pièces de bois « cercés ›› qui aidaient à la pose des voûtains. Il y en a trois dans chaque côté des murs. Ils sont pratiquement invisibles du sol. On distingue également des trous de « boulins ›› dans les murs Est et Nord. Ces trous servaient à échafauder pour poser les voûtes.

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Annexes I & II

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CLOCHER : 1er  étage

La 1er salle sur la voûte du Narthex

  Nous quittons le Narthex et, passant par la petite porte du mur Nord, nous empruntons l’escalier en colimaçon; après avoir gravi 29 marches, nous atteignons la salle du premier étage, protégée par une grille posée en 1984 par l’ASPACHuppy à la création du Musée (côté d’entourage du cimetière).

  Nous sommes sur la voûte du Narthex sur une dalle en béton refaite après la guerre 39/45, jadis le dos des voûtes était apparent et l’accès au mécanisme de l’horloge se faisait grâce à une passerelle en basting et planches.

  La salle, à peu près de mêmes dimensions que le Narthex, fait exactement 3,85 m d’Est en Ouest et 3,78 m du Nord au Sud, le plafond de bois (cadre de base du beffroi) est à 5,53 m. Cette pièce est éclairée par trois baies Nord – Sud et Ouest. Sur le mur Est, sous la porte, la petite baie est plus basse que les trois autres. La baie (petite meurtrière) donne sur la nef, ce qui permettait de surveiller le déroulement des offices au temps où l’on sonnait encore les cloches de cette pièce. La porte du mur Est qui donne elle aussi sur la nef, peut paraître haute par rapport au sol de la pièce : c’est qu’elle était destinée à accéder dans la nef au niveau des entraits de ferme. Il y avait certainement jadis une petite échelle de meunier ou un petit escalier pour l’atteindre (linteau cintré).

  Cette porte avait son utilité car tout porte à croire qu’il a existé une petite (mais toute petite) tribune sur le plancher entre le mur et le premier entrait de ferme ou entre les veux massifs contreforts.

  De la nef, on peut voir encore des trous dans le mur du clocher où étaient encastrées des solivettes de 10 cm x 16 cm environ. Ces trous ne sont plus visibles à droite de la porte car le mur du clocher a été refait à cet endroit après 1945 (nous avons déjà parlé de l’effondrement de cet angle du clocher)

  A l’intérieur de la pièce, les encoches sous la porte servant d’appui pour y accéder ont certainement été faites après coup (à la suppression de l’escalier)

  Dans la petite baie sous la porte, l’appui a été restauré jadis avec des matériaux de récupération et l’on peut voir deux très vieux carreaux de dallage qui pourraient très bien provenir du premier pavage de l’église, celui-ci ayant été refait et rehaussé à une certaine époque (nous en reparlerons avec la description de l’église).

  De nombreux carreaux identiques étaient d’ailleurs dans les décombres de l’église bombardée en 1940 mais malheureusement pas récupérés.

Le plafond de cette pièce

  Ce plafond est en fait le cadre de base du beffroi des cloches en charpente de chêne. En termes de métier, c’est l’enrayure basse. Cette enrayure, faite de grosse poutre de chêne, repose en partie sur des pierres posées en encorbellement, c’est-à-dire en saillie par rapport à la face du mur de la salle. Le mur au dessus de cette enrayure étant lui, un peu en retrait, le cadre repose ainsi, ni sur le mur, ni sur l’encorbellement. De ce fait, la salle au dessus se trouve plus grande d’une quarantaine de cm. Avant 1960, il n’y avait de cette enrayure que le cadre, les grosses solives intermédiaires supportant le plancher ont été posées en 1961 par le charpentier restaurateur de l’entreprise Martin au cours de la restauration de la tour, Claude Piette étant compagnon chef de chantier, et Edouard Dymond, compagnon charpentier.

  Les calfeutrements sur les côtés ont été réalisés à la création du Musée par l’A.S.P.A.C.H : on peut voir que l’encorbellement a été fortement restauré après la guerre par l’entreprise Charpentier (nous en avons déjà parlé).

  Les quatre baies en forme de meurtrières (Voir annexe III) ont toutes été dotées de vitraux vers l’extérieur et de vitres à l’intérieur formant aussi vitrine d’exposition.

  Ces vitraux avaient été déposés par l’Abbé Yves Morel chez les petites sœurs des pauvres à Amiens (à noter que la chapelle St Elie du Bois de Cise en a été dotée également).

  Cette salle abritait le mécanisme de l’horloge aujourd’hui disparue (ce mécanisme laissé à l’abandon a été vu pour la dernière fois dans les années 1955, il s’est volatilisé après ?). Les deux potences de fer qui le supportaient, sont restées en place étant ancrées dans le mur et avec un plateau de chêne épais posé dessus qui sert «d’autel» et de présentoir dans cette chapelle du souvenir.

  Les aiguilles de l’horloge étaient actionnées par des tiges de fer coulissant dans des guides (il en existe encore un sur le mur Sud au dessus des consoles) Les poids étaient suspendus à des câbles passant dans des poulies accrochées tout là-haut sous l’enrayure basse de la flèche. Quelques vestiges de ces poids sont dans la 2ème salle du Musée au dessus.

  Le mécanisme était abrité de la poussière, des oiseaux et des pigeons dans une petite « cabane » de bois et de torchis. Les pièces de bois de cette « cabane ›› étaient scellées dans les murs Nord et Ouest. La dimension de cette construction nous est donnée par les trous des murs qui ont intentionnellement été bouchés par des morceaux de briques tranchant avec la pierre des murs pour en conserver la preuve.

  L’éclairage de cette « cabane » était assuré par la baie Sud (le cadre de cette fenêtre subsiste, il tient le verre de la vitrine)

  Une inscription (nous verrons les autres plus tard) sur le mur Ouest côté Sud au dessus de la culée de voûte nous donne la date de pose de cette horloge :

« Miellot Anselme, menuisier à Huppy a monté l’horloge le 1er  7bre 1878 »

  A noter que, d’après les archives, il y avait déjà une horloge en 1794, puisque l’on payait quelqu’un pour la remonter (nous en reparlerons)

Traces d’une voûte sur les murs

  Une voûte a existé dans cette pièce, beaucoup d’indices accréditent cette thèse. Tout d’abord, les culots et les gerbes dans les angles. Contrairement au reste de la voûte, ces deux éléments sont montés en même temps que les murs par les bâtisseurs. Eux seuls ne peuvent donc prouver qu’il y a eu pose de voûte. Mais en examinant attentivement les murs nous pouvons voir « l’engravure ›› destinée à recevoir les « voûtains ›› qui elle, est taillée à la demande par les maçons poseurs, au fur et à mesure de la pose de la « paillasse de voûte ››. D’ailleurs un autre élément nous sert de preuve : en effet, dans cette engravure subsiste du mortier à la chaux qui a été soigneusement gardé lors du nettoyage des murs pour installer le Musée. De plus, sous cette engravure, on peut voir de petites entailles faites dans le mur. Ces trous servaient aux maçons pour installer des « cerces ›› qui supportaient les voûtains posés soit du mur au diagonal, soit d’un diagonal à l’autre (nous avions constaté la même chose dans le Narthex). Dans l’axe des murs une entaille verticale un peu plus longue était destinée sûrement à recevoir une pièce de bois inclinée à 30° ou 40° qui renforçait l’ensemble et supportait certainement la lierne allant de la clef de l’archivolte à la clef centrale. On peut en déduire que cette voûte possédait des liernes contrairement à celle du Narthex qui en est dépourvue. (Voir annexe IV). Si cette voûte devait être dotée de liernes, elle était dépourvue de formeret comme le prouve les départs sur les culots. Les voûtains venaient directement reposer dans l’engravure.

  Voyons maintenant en détail les départs de voûte et des culots. Il semblerait que ces éléments soient des récupérations au même titre que ceux de l’église sur le mur Ouest du bas-côté Nord que nous détaillerons par la suite. En effet, l’ornementation n’a rien de ressemblant avec la voûte du Narthex en dessous (feuillage, vigne, acanthe). Les culots sont sculptés dans un style rappelant le roman tardif. Le culot Nord-Ouest étant décoré d’un « Soleil à face humaine  les trois autres sont moulurés. (Voir annexe V). La petite porte dans le mur Nord à l’angle Est donne sur l’escalier en colimaçon, son arc linteau est en anse de panier surbaissé. (Voir annexe VI).

Les traces de frottements et d’usure des cordes sur les murs

  Des traces d’usure dues à des frottements de cordes sont visibles sur les murs de cette pièce.

  Sur le mur Nord deux traces verticales à 1,50 m environ l’une de l’autre.

  Sur le mur Sud à peu près les mêmes ; on peut, grâce à ces traces d’usure, penser qu’il y avait plusieurs cloches dans le clocher (des archives font état de trois avant la Révolution) De plus, les traces allant du milieu de la hauteur des murs jusqu’au niveau du plancher bas de la pièce, on peut donc en déduire comme dans le Narthex d’ailleurs, que les cordes se tiraient bien avant la construction de la voûte basse, car comme dans le Narthex, si les cordes avaient été guidées, elles n’auraient pas pu battre sur une telle amplitude. Les saignées sont très visibles sur cette pierre tendre qu’est la craie de pays.

  Au dessus de la porte d’entrée sur l’escalier, il n’y a pas de traces de frottements de cordes, cette partie du mur a fait l’objet d’une restauration après la guerre. Le clocher ayant été touché par les bombardements de mai 1940, l’angle Nord-Est et la tour d’escalier étaient à terre jusqu’au niveau du linteau de porte. Pendant la guerre des travaux de consolidation avaient été fait pour empêcher la flèche de bois de s’écrouler, le mur ayant été remonté en hâte avec les vieux moellons pour supporter la base du beffroi et les pierres en encorbellement (il existe une photo prise à cette époque et un dessin à la plume a été fait après par Claude Piette).

  Le linteau de la porte refait après 1945 est en anse de panier surbaissé en pierre de Saint- Maximin.

  Pour terminer, nous jetterons un coup d’œil aux dates et aux noms gravés par nos aïeux sur les murs de cette pièce. Outre celle relative à l’horloge déjà citée, apparaissent :

  Les noms de : BERTHE – LEMIRE – BOUTILLER – CUVELLIER – FLUTTE – DUFOSSE –  QUENEHEN – MIELLOT/MONT – HETROY etc… »

  Les dates : 1615 – 1682 – 1686 – 1696 – 1776 – 1789 – 1830 – 1878 – 1921, avec comme toujours quelques unes plus ou moins fantaisistes que nous ne retiendrons pas. Il ne nous reste plus qu’à reprendre l’escalier qui nous conduira à la salle du 2ème étage, sur l’enrayure basse du beffroi des cloches, posée sur les pierres en encorbellement.

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Annexes III – IV – V – VI

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