Chapitre V – Clocher & Flèche

LE CLOCHER

Fin XVème Siècle

  Que l’on arrive à HUPPY parla RN 28, au Nord d’Abbeville, au Sud de Blangy-sur-Bresle, par la D 13 d’Amiens ou par la D 25 de Oisemont, la fine flèche couverte d’ardoise « émerge» au-dessus des bouquets d’arbres, tel le mât d’un navire sur une mer de verdure. Il faut néanmoins s’en approcher pour découvrir son imposante tour quadrangulaire flanquée de huit contreforts d’angle massifs qui montent sur toute la hauteur pour soutenir des encorbellements arrondis en « nids d’hirondelles » dans les angles rentrants.
  Au sommet de la tour, une superbe balustrade ajourée de soufflets flamboyants quadrilobés entoure la flèche de bois de charpente, permettant ainsi à 25 mètres de hauteur d’en faire le tour en toute sécurité sur un chéneau de plomb en admirant le paysage alentour. On découvre de ce magnifique point de vue, la campagne environnante encore très verdoyante, les champs et villages voisins à plus d’une quinzaine de kilomètres.
Une porte basse à l’Ouest permet l’accès au Narthex. En anse de panier surbaissé, elle perd peu à peu ses moulures rongées par l’érosion. Les bases ont depuis longtemps disparu.
  Dans le sommet de la tour s’ouvrent quatre baies à la hauteur de la cloche, garnies à leur sommet de remplages aux soufflets flamboyants, une archivolte ogivale orne chaque fenêtre faisant également office de renvoi d’eau.
  Jadis le son des cloches était dirigé vers le sol par deux hauteurs d’abat-sons assez disgracieux, couverts d’ardoises et fortement saillants. La base des fenêtres était bouchée de maçonnerie sur environ 1 mètre.
  Fort heureusement, les restaurateurs après guerre ont supprime cela. Actuellement les fenêtres  sont dotées, pour la même fonction, de six hauteurs d’abat-sons beaucoup plus en retrait, laissant ainsi apparaître le pied droit du fenestrage. Les appuis de ces fenêtres en mauvais état ont été restaurées dans les années 1980/1990.
  Une tourelle à pans coupés abritant l’escalier en colimaçon est accolée à l’extérieur dans l’angle Nord-Est de la tour. La pointe de cette tourelle en pierre de taille est ornée sur chaque arête de « choux » et de chimères amusantes, certaines hardies grimpent allègrement vers le sommet, tandis que d’autres craintives, peureuses, tentent de regagner la terre ferme et se dirigent vers le sol. Sur les angles, le long de la flèche, l’artiste sculpteur manquant de « dégagement » a sculpté des figurines qui semblent s’écraser sur |’ardoise.
  Sur toute la hauteur, quatre bandeaux larmiers cernent la tout à intervalles irréguliers au grès des éléments – porte basse – bases des fenêtres hautes et arases des murs de la nef.
  Six courts bandeaux sont disposés dans les intervalles uniquement sur la face externe des contreforts. Le soubassement est constitué comme dans toute l’église, de meulières aux angles et de panneaux faits de grès et de silex taillés, en légère saillie avec les murs en se raccordant au nu du mur par une moulure en talon renversé.
Une moulure saillante supporte la balustrade.
  Seule la pièce du premier étage est éclairée par trois meurtrières Nord Sud et Ouest, celle de l’Est donnant sur la nef. La tour, bâtie de craie de pays, a gardé malgré le temps toute (ou presque) sa blancheur d’origine ; elle est en bon état, excepté la base sur ses trois faces Nord – Sud et Ouest.
Deux gargouilles de grès non sculptées rejettent au loin l’eau du chéneau vers le Nord et le Sud
Deux portes de chêne reposées à la reconstruction donnent accès à I’escalier.
  Notons enfin, pour l’histoire, qu’à la suite des bombardements de mai 1940, les murs dans I’angle Nord-Est s’étaient effondrés sur toute la hauteur, mettant du même coup à bas la tourelle d’escalier. La flèche restant dangereusement en équilibre sur les murs Ouest et Sud.
  Dès 1941, un mur provisoire de soutènement avait été érigé en hâte pour parer à l’effondrement de la flèche. La reconstruction proprement dite de la tour ne commence réellement que dans les années 1950 par l’entreprise Charpentier de PARIS.
 L’étaiement de la porte Ouest en bastaings avait été exécuté par le charpentier du Village, André Ratel, aidé de Lucien Decouleur qui a gravé son nom sur l’ébrasement de cette porte avec la date «1946».

LA FLÈCHE

  La flèche du clocher toute de chêne construite, s’élève 18 mètres au-dessus du chéneau de la tour.
  Un fût carré de 4 mètres de hauteur sert de base et fait la transition entre le carré de la maçonnerie et l’octogone de la flèche proprement dite.
  Quatre pointes de diamant en assurent le relais. Une porte au Nord dans le fût permet l’accès au plancher établi sur l’enrayure basse (4ème salle du Musée «HUPPY AUTREFOIS»)
  Une «boule» de plomb en garnit le sommet au pied de la croix. Une croix de 3,25 mètres jusqu’au-dessous du Coq mettant ainsi celui-ci à plus de 21 mètres au-dessus du chéneau. Le Coq seul ne fait pas moins d’un mètre du bec à la queue, il est tout en cuivre. Coincé depuis des années, il a été restauré en 1984 par l’ASPACHuppy aidé par messieurs Duvanel et Wulsteck. Perdant la queue au cours d’une tempête, il a été une seconde fois réparé par les membres de l‘ASPACHuppy en 1987.
Avant la guerre 39/45, la face Sud du fût était ornée d’un cadran d’horloge qui n’a pas été reposé à la reconstruction de cette flèche.
  Notons enfin pour l’historique que pendant la guerre 39/45, les allemands avaient édifié sur la tour, autour et au-dessus de la flèche un «mirador» s’élevant bien au-dessus de celui.-ci. Pour cela, ils avaient déposé la croix et percé de part et d’autre le clocher afin de passer au travers des perches de bois. A la libération, le mirador déposé, les trous ont été bouchés provisoirement mais en 1952, les trous béants avaient laissé entrer la pluie, pourrissant inexorablement l’enrayure basse et l’ensemble du clocher. Il fallut se résoudre à en faire un neuf. Déposé en 1952, il fut reconstruit en 1953 par l’entreprise Martin de Puteaux.
  Le chef de chantier était à I’époque Camille Préau, les compagnons, Albert Labreuveux et Claude Piette, l’aide charpentier, Georges Louchard.
  Couvert parla suite par l’entreprise Marcais de Paris.
  La maçonnerie était l’œuvre de l’entreprise Charpentier de Paris.
  Voir les plans d’ensemble de cette flèche et de la croix.

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