Chapitre II: La description extérieure.

L’église vers 1900

  Contrairement au reste, l’extérieur de l’église est décrit très sommairement dans la Picardie Historique et Monumentale, ce qui va nous permettre d’en faire une description plus approfondie.

Citons d’abord la P.H et M :

  L’ornementation extérieure de l’église est des plus simples. Un  soubassement (1) se raccordant au nu du mur par un talon renversé. un bandeau-larmier  (2) courant sous les fenêtres, des Archivoltes (3) avec arrêts horizontaux autour des fenêtres ; ce sont les éléments que l’on retrouve dans toutes les églises flamboyantes de la région. les contreforts (4) présentent une petite particularité ; le talus très allongé qui les amortit est légèrement concave. A l’extérieur apparaissent très visibles les  trois étapes (5) de la construction du monument. Le clocher et la nef appartiennent à la fin du XVe Siècle ou au commencement du XVIe Siècle; très peu de temps après furent bâtis le carré du transept et le chœur ; puis la chapelle seigneuriale. Comme à FONTAINE, on termina les travaux par la construction des voûtes. (Fin de la citation de PH et M)
Reprenons la citation depuis le début :

LE SOUBASSEMENT (1)

  Le soubassement se raccorde bien avec le nu du mur par une moulure. Il est en saillie par rapport à celui-ci de 8 cm, la moulure occupant toute l’assise de pierre de taille, soit 27 cm. Tout le soubassement est composé de grès et silex taillés en damiers, les angles des contreforts étant en pierres meulières. Une explication à cela: les constructeurs ont cherché pour bâtir le soubassement des matériaux plus résistants que la craie. Ils ont choisi le grès et les silex taillés pour le plein mur et ont opté pour la pierre meulière pour les angles, celle-ci étant plus résistante que la craie et moins dure à travailler que le grès.
  Il y a en moyenne deux assises de cet appareillage grès-silex sous l’assise moulurée (le terrain étant quelque peu en pente)

LE BANDEAU-LARMIER (2)

  Un bandeau-larmier à la hauteur du nez des appuis des fenêtres fait tout le tour de l’édifice sans interruption même au passage des trois portes de l’église : Ouest/Sud et la chapelle seigneuriale au Nord.

  A l’Ouest au passage de la porte le bandeau-larmier se transforme en archivolte en arc surbaissé. Pour la porte Sud dans la nef, les constructeurs ont choisi de faire un décrochement à angle droit afin de rechercher le nez de l’appui de fenêtre qui surplombe la porte passant au-dessus de l’archivolte de la porte sans le toucher. Pour la porte Nord de la chapelle seigneuriale (actuelle sacristie) Qui est plus basse Que !es deux autres, le problème a été résolu, en faisant traverser le bandeau-larmier par pénétration dans l’archivolte de la porte.

LES ARCHIVOLTES DES FENÊTRES (3)

Bien décrites dans la P.H. et M nous n’ajouterons que ces archivoltes, outre leur but décoratif comme dans toutes les églises, ont également une utilité pratique. Elle sont là en effet pour servir de renvoi d’eau au-dessus des baies au même titre que les bandeaux-larmiers, Citons au passage la définition d’un bandeau tiré d’un traité d’architecture :
  BANDEAU  (architecture) : moulure horizontale large et peu saillante placée sur une surface verticale ou épousant la forme d’une arcade, la circonférence d’une colonne (anneau). Le rôle des bandeaux extérieur est d’empêcher l’eau de pluie de couler le long du mur. Alors le profil de leur base forme larmier.

LES CONTREFORTS (4)

  Comme le signale ta P.H. et M, le glacis de ces contreforts est légèrement concave (pour l’esthétique) mais aussi comme pour les bandeaux, par utilité. Conçus ainsi, ils font office de coyaux.
  COYAU : petite pièce de bois formant « adoucissement . (dans la toiture) entre le pied des chevrons et la saillie de l’entablement. Ils facilitent ainsi l’écoulement des eaux de pluie en les ralentissant.
   LA CORNICHE D’ENTABLEMENT  : comme les éléments cités auparavant la corniche d’entablement moulurée, outre son rôle esthétique, a également une utilité pratique ; c’est elle qui reçoit la plate-forme de coyau, éloigne le ruissellement des eaux pluviales en écartant au maximum la gouttière du nu du mur.
  GOUTTIÈRES ET DESCENTES  : elles sont en cuivre avec dauphins en fonte. Les eaux sont écartées du pied des murs par des ruisselets pour la face Sud et des regards et puisards pour la face Nord plus élevée.
  LA COUVERTURE  : l’ensemble de l’église est couvert d’ardoises d’Angers M.H, faîtières en plomb, noues fermées en ardoises. L’aération des combles est assurée par des passe-barres situées en haut et en bas du rampant. Ces passe-barres outre leur utilité d’assainissement, servent également à fixer des crochets ou cordes pour tenir les échelles en cas de réparation.
  A noter : à la reconstruction, il n’avait été prévu et réalisé en partie un égout en tuiles plates sur l’entablement afin de supprimer l’inesthétique gouttière. L’eau n’étant plus  captée ruisselait le long des murs au risque de les dégrader à la longue. Ce projet a été abandonné et la gouttière a été posée sur l’ensemble de l’édifice.
  UNE LITRE ET DES ARMOIRIES  : comme toutes les églises, les murs sont parsemés de graffitis plus ou moins anciens, plus ou moins intéressants, nous en reparlerons. Par contre, nous avons retrouvé çà et là des traces d’une litre noire bien entendu, avec de place en place, mais biens répartis dans un souci d’esthétique, des blasons de seigneurie que nous n’avons pas pu authentifier, Des photos ont été prises de ces précieux témoins de traditions moyenâgeuses.

  D’après un traité d’architecture en voici la définition :

LITRE : nom féminin. Lors des funérailles d’un seigneur au moyen-âge, on peignait ou on tendait sur le pourtour des murs intérieurs et extérieurs de l’église une bande d’étoffe de couleur noire appelée LITRE sur laquelle se détachaient les armoiries du seigneur (toutes les paroisses ne possédaient pas cette longue étoffe, on peignait en noir sur le mur à 2,50 m environ du sol un bandeau de 40 à 50 cm de large souvent sur deux assises de pierre). Le droit de Litre était un droit seigneurial. Ce mot désigne également des bandes armoriées appliquées sur les murs de l’église pour les funérailles d’un grand personnage ou du PATRON de l’église. ››

  PATRON : droit canon. Personne possédant le droit de patronage sur une église. 

  PATRONAGE : le patronage d’une église fut souvent reconnu à la personne qui la fondait et à ses ayants droits successifs. 

LES ÉTAPES DE LA CONSTRUCTION (5)

  La P.H et M nous parle de traces des étapes de la construction sans les détailler, ce que nous allons faire brièvement car celles-ci sont expliquées dans d’autres chapitres. En faisant le tour côté Nord, le contrefort entre la tourelle d’escalier et le pignon Ouest du bas-côté à 45° montre bien que la nef a été construite avant le bas-côté Nord puisqu’il était alors destiné à contrebuter le diagonal de la nef.

Le 4éme contrefort, angle Nord Est du bas-côté est à 90°.

Le 5éme contrefort, angle Nord Est du transept Nord est à 45°, il contrebute le diagonal, la chapelle seigneuriale n’étant pas encore construite.

Le 6éme contrefort, angle Nord Est de la chapelle seigneuriale est à 45°, il était destiné à contrebuter la voûte (jamais réalisée).

LA SACRISTIE (XIXème Siècle)

  Continuons le tour de l’église en passant devant le chevet : nous sommes maintenant dans l’angle fermé par le Chœur et le Transept Sud. C’est à cet endroit qu’avait été bâtie une sacristie (heureusement disparue) les murs de cette sacristie extérieure fait de briques prenaient appui au Sud sur le contrefort Sud-Est du transept Sud et à l’Est sur le contrefort perpendiculaire du Chœur.

  Une porte extérieure s’ouvrait à l’Est. Une porte intérieure donnait accès au Chœur juste devant le Maître Autel. Des traces d’engravure  sont encore visibles çà et là.

  La toiture à 4 pans et 4 arêtiers exigeait la pose d’un chevreau le long des murs de l’église – mur Nord du transept Sud et mur Sud du Chœur. Le 16 avril 1871, le conseil vote 500 F pour une sacristie.

  Le pavage de cette sacristie avait été réalisé en 1877 avec de  bonnes briques de Sénarpont.

 

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